Comment fonctionne le portage salarial ?
Le portage salarial est un dispositif tripartite : le consultant (ou "salarié porté") trouve lui-même ses clients, négocie ses prestations, puis les facture via une société de portage agréée. La société de portage établit la facture au client, encaisse le règlement, déduit ses frais de gestion, puis transforme le solde en salaire brut pour le consultant, après déduction des charges patronales.
Le consultant reçoit ensuite son salaire net, comme tout salarié, avec un bulletin de paie, des droits à l'assurance chômage, des cotisations retraite, une mutuelle d'entreprise et une couverture prévoyance. Il bénéficie également de la protection du droit du travail (hors licenciement, car la rupture du contrat correspond à l'absence de mission).
Quels sont les avantages du portage salarial pour l'indépendant ?
Le portage salarial est particulièrement adapté aux consultants qui souhaitent exercer une activité indépendante tout en conservant les avantages du salariat. Il permet d'ouvrir des droits à l'assurance chômage (ARE) pour les périodes entre deux missions, ce que la micro-entreprise ou la société unipersonnelle ne permettent pas. Il simplifie aussi la comptabilité (pas de TVA à gérer directement, pas de bilan comptable) et la gestion administrative.
Portage salarial et TJM : quelle corrélation ?
Pour obtenir un revenu net satisfaisant en portage salarial, il est nécessaire de facturer un TJM (taux journalier moyen) suffisamment élevé pour compenser les frais de gestion et les charges sociales. En règle générale, pour obtenir 1 euro de revenu net, il faut facturer environ 2 euros de CA HT. Un TJM de 600 euros par jour travaillé (environ 21 jours/mois) génère un CA mensuel de 12 600 euros HT, soit un net estimé d'environ 5 600 euros.
Questions fréquentes sur le portage salarial
Le salarié porté a-t-il droit au chômage ?
Oui. C'est l'un des avantages majeurs du portage salarial. Les cotisations chômage étant versées normalement, le salarié porté peut s'inscrire à France Travail à la fin d'un contrat ou entre deux missions, sous réserve de remplir les conditions d'ouverture de droits (6 mois de cotisations minimum sur 24 mois). L'ARE est calculée sur la base du salaire journalier de référence des mois travaillés en portage.
Les frais de gestion sont-ils négociables ?
Oui. Les frais de gestion varient de 5 % à 12 % selon les sociétés de portage, les services inclus et le volume d'affaires généré. Un consultant avec un CA mensuel élevé (supérieur à 10 000 euros HT) a généralement un pouvoir de négociation plus important. Certaines sociétés proposent des forfaits fixes plutôt qu'un pourcentage, ce qui peut être avantageux pour les forts CA.
Peut-on avoir plusieurs clients en portage salarial ?
Oui. Un salarié porté peut travailler simultanément pour plusieurs clients, dans la limite de son temps de travail et sous réserve de l'accord de la société de portage. Chaque mission fait l'objet d'un contrat de prestation distinct. Les revenus de toutes les missions sont consolidés pour le calcul du salaire mensuel.
Y a-t-il un seuil minimum de CA en portage salarial ?
Oui. La loi (ordonnance de 2015 codifiée au Code du travail) prévoit que le salaire brut mensuel d'un salarié porté ne peut pas être inférieur à 2 517 euros brut pour un temps plein, soit environ 70 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale. Cela implique un CA HT minimum d'environ 4 500 à 5 000 euros par mois selon les frais de gestion de la société. Ce seuil vise à exclure les situations de faux portage sur des petites activités.