Fiche métier : Couvreur · Charpentier

Le couvreur pose et répare les toitures pour protéger les bâtiments des intempéries. Le charpentier conçoit et assemble les structures en bois qui soutiennent ces toitures. Ces deux métiers, souvent exercés en complémentarité, connaissent une forte tension de recrutement en France depuis plusieurs années.

Salaire médian
28 000 € brut/an
Niveau d'études
CAP / Bac Pro
Type de contrat
CDI, Intérim
Secteur
BTP · Artisanat

Salaire brut annuel par expérience

Débutant
24 000 €
Qualifié (3-7 ans)
31 000 €
Chef d'équipe
38 000 €

Paniers repas et primes intempéries fréquents : +2 000 · 4 000 €/an

Marché de l'emploi

70 000
emplois en France
3 %
taux de chômage
87 %
insertion à 6 mois
Forte
tension du marché

Répartition des contrats

CDI 62 % Intérim 25 % CDD 13 %

Répartition H/F : 97 % hommes / 3 % femmes · Âge moyen : 30 ans

Régions qui recrutent le plus

Île-de-France
20 %
Auvergne-Rhône-Alpes
16 %
Nouvelle-Aquitaine
13 %
Grand Est
10 %
Bretagne
8 %

Perspectives 2026-2030 : Soutenu (rénovation énergétique, toits solaires)

Description du métier

Le couvreur est chargé de réaliser, réparer et entretenir les toitures des bâtiments résidentiels, industriels et publics. Il intervient sur tous types de matériaux : tuiles en terre cuite, ardoises naturelles ou synthétiques, zinc, acier, cuivre, et de plus en plus les matériaux composites et les toitures végétalisées. Son travail s'étend à la pose des éléments d'étanchéité, des gouttières, des fenêtres de toit (type Velux) et des panneaux solaires thermiques.

Le charpentier, souvent son partenaire de chantier, conçoit et assemble la structure porteuse de la toiture en bois ou en acier. Il trace, taille et pose les fermes, pannes et chevrons qui constituent l'ossature du toit avant que le couvreur n'intervienne. Dans les petites entreprises artisanales, les deux métiers sont souvent cumulés par le même professionnel.

Le plan de rénovation énergétique des logements (1 million de logements rénovés par an) génère une demande considérable pour des couvreurs capables d'intervenir sur l'isolation par l'extérieur et la pose de panneaux photovoltaïques. C'est un nouveau segment qui tire les recrutements et les salaires vers le haut.

Missions principales

  • Poser et fixer les éléments de couverture (tuiles, ardoises, zinc, bac acier) selon les règles de l'art
  • Réaliser les travaux d'étanchéité et d'isolation (sarking, complexe toiture) selon la RE2020
  • Installer et raccorder les fenêtres de toit, lanterneaux et coupoles
  • Poser et entretenir les systèmes de collecte des eaux pluviales (gouttières, chéneaux, descentes)
  • Réaliser des travaux de zinguerie : noues, faîtières, arêtiers, solins
  • Installer des panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques en toiture
  • Effectuer les diagnostics et les réparations sur les toitures endommagées (fuites, tempêtes, grêle)
  • Tracer, débiter et assembler les pièces de charpente (travail du charpentier)
  • Lever et mettre en place les fermes et ossatures de toiture sur les nouvelles constructions
  • Respecter et faire respecter les règles de sécurité spécifiques au travail en hauteur

Compétences requises

Compétences techniques

  • Couverture : pose de tuiles, ardoises, zinc, bac acier, métal debout joint, techniques d'étanchéité
  • Charpente bois : lecture de plans, traçage, taille des pièces (scie à ruban, circulaire), assemblages tenon-mortaise
  • Zinguerie : découpe et façonnage du zinc, du plomb et du cuivre pour les raccords et solins
  • Isolation : pose d'isolants en sarking, connaissance de la RT2020 et des exigences thermiques
  • Sécurité en hauteur : travail sur échafaudages, port du harnais, élingage, grue auxiliaire

Soft skills

  • Absence de vertige et à l'aise en hauteur, qualité essentielle pour ce métier
  • Résistance physique pour travailler en extérieur, par tous les temps et souvent à genoux
  • Rigueur dans la pose pour garantir l'étanchéité durable du toit
  • Sens des responsabilités car une malfaçon peut causer des dégâts des eaux importants
  • Esprit d'équipe pour coordonner le travail en binôme ou en équipe sur les grandes toitures

Formation et diplômes

  • CAP : CAP Couverture (2 ans), formation de référence pour entrer dans la profession
  • Bac Pro : Bac Pro Technicien en installation des systèmes énergétiques et climatiques (pour la partie solaire)
  • BP Couvreur : Brevet Professionnel Couvreur, niveau agent de maîtrise, pour évoluer vers chef d'équipe
  • CAP Charpente bois : formation initiale pour la charpente, complémentaire au CAP couverture
  • Habilitations : travail en hauteur (port du harnais), CACES nacelle si besoin, habilitation électrique pour toits photovoltaïques

Salaire et rémunération

Le salaire est complété par des paniers repas, des indemnités de déplacement et dans certaines entreprises des primes liées aux chantiers réalisés. Les couvreurs spécialisés en panneaux photovoltaïques et en isolation sarking sont les mieux rémunérés.

Profil Salaire brut annuel Salaire net mensuel estimé
Couvreur débutant (CAP) 22 000 · 25 000 € 1 375 · 1 560 €
Couvreur qualifié (3-7 ans) 27 000 · 32 000 € 1 690 · 2 000 €
Couvreur-charpentier polyvalent 30 000 · 36 000 € 1 875 · 2 250 €
Chef d'équipe / Artisan gérant 34 000 · 45 000 € 2 125 · 2 810 €

Évolution de carrière

  • Chef d'équipe couverture : encadrement d'une équipe de 3 à 5 personnes sur les chantiers
  • Artisan couvreur : création d'une entreprise artisanale avec qualification professionnelle
  • Spécialiste panneaux photovoltaïques : pose et installation de systèmes solaires, secteur en pleine croissance
  • Conducteur de travaux couverture : gestion de plusieurs chantiers avec une formation complémentaire
  • Expert en rénovation patrimoniale : restauration de toitures anciennes (monuments historiques, ardoises naturelles)

Avantages et inconvénients

Points forts

  • Forte demande partout en France, recrutements ouverts à tous les niveaux d'expérience
  • Métier noble avec une dimension artisanale et un travail visible et durable
  • Nouveau marché des énergies renouvelables (photovoltaïque) qui dynamise le secteur
  • Possibilité de s'installer à son compte avec un investissement limité
  • Vue imprenable et travail en plein air appréciés par de nombreux praticiens du métier

Points de vigilance

  • Travail en hauteur avec risque de chute : premier poste de mortalité dans le BTP
  • Pénibilité physique, travail à genoux et port de charges lourdes (tuiles, ardoises)
  • Conditions météorologiques parfois difficiles (froid, chaleur, vent)
  • Travail soumis aux aléas du carnet de commandes dans les petites structures artisanales
  • Arrêts de travail en cas d'intempéries, compensés partiellement par les caisses de congés BTP

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un couvreur et un charpentier ?

Le charpentier réalise la structure porteuse du toit : fermes en bois, pannes, chevrons. Son travail est visible uniquement de l'intérieur (depuis les combles). Le couvreur pose ensuite l'enveloppe extérieure qui protège de la pluie et des intempéries : tuiles, ardoises, zinc. Dans les petites entreprises, le même professionnel peut exercer les deux métiers. Dans les grandes structures, ce sont des corps d'état distincts qui interviennent l'un après l'autre.

Peut-on poser des panneaux solaires sans formation spécifique ?

La pose mécanique des panneaux photovoltaïques relève de la couverture et ne nécessite pas d'habilitation électrique en elle-même. En revanche, le raccordement électrique (connexion des panneaux aux onduleurs et au tableau) doit être réalisé par un électricien ou un couvreur détenant l'habilitation électrique B1V. La qualification RGE QualiPV est indispensable pour que les clients puissent bénéficier des aides de l'État (prime autoconsommation, certificats d'économie d'énergie).

Les intempéries entraînent-elles des arrêts de travail non rémunérés ?

En cas d'arrêt de chantier pour intempéries, les ouvriers du BTP bénéficient du régime de chômage intempéries géré par les caisses de congés payés BTP. L'employeur verse une indemnité d'au moins 75 % du salaire brut (plafonnée à 1/10 du plafond annuel de la Sécurité sociale par heure). Le salarié conserve donc une grande partie de sa rémunération, ce qui différencie ce régime des intérimaires qui eux ne bénéficient pas de cette protection.