Quelle est la durée du congé maternité en 2026 ?
La durée du congé maternité est fixée par le Code de la Sécurité sociale (articles L331-3 et suivants). Elle varie en fonction du nombre d'enfants attendus et du nombre d'enfants déjà à charge dans le foyer. Le congé se divise en deux périodes : le congé prénatal (avant l'accouchement) et le congé postnatal (après l'accouchement).
Tableau des durées selon la situation
| Situation | Prénatal | Postnatal | Total |
|---|---|---|---|
| 1er ou 2e enfant, grossesse simple | 6 semaines | 10 semaines | 16 semaines |
| 3e enfant ou plus, grossesse simple | 8 semaines | 18 semaines | 26 semaines |
| Jumeaux | 12 semaines | 22 semaines | 34 semaines |
| Triplés ou plus | 24 semaines | 22 semaines | 46 semaines |
Le nombre d'enfants "déjà à charge" correspond aux enfants que vous avez eus avant cette grossesse et qui vivent dans votre foyer. Un enfant adopté compte également. C'est à partir du 3e enfant (2 enfants déjà à charge + 1 enfant à naître) que le congé passe de 16 à 26 semaines.
Possibilité de report entre prénatal et postnatal
La salariée peut, avec l'accord de son médecin, reporter jusqu'à 3 semaines de son congé prénatal sur le congé postnatal. Par exemple, pour un premier enfant, au liéu de 6 semaines avant et 10 semaines après, elle peut prendre 3 semaines avant et 13 semaines après l'accouchement.
Ce report n'est possible que si la grossesse se déroule normalement et si l'état de santé de la salariée le permet. Un certificat médical attestant de l'absence de risque est nécessaire.
Le congé pathologique
En cas de grossesse à risque ou de complications, le médecin peut prescrire un congé pathologique prénatal de 2 semaines maximum, qui s'ajoute au congé prénatal classique. Ce congé est indemnisé aux mêmes conditions que le congé maternité.
Après l'accouchement, en cas de complications (césarienne difficile, dépression post-partum), un congé postnatal pathologique peut être prescrit. Il est alors indemnisé comme un arrêt maladie ordinaire (indemnités journalières maladie, avec un montant souvent inférieur aux IJ maternité).
Comment sont calculées les indemnités journalières de maternité ?
Pendant le congé maternité, la salariée perçoit des indemnités journalières (IJ) versées par la CPAM (Caisse primaire d'assurance maladie). Ces IJ remplacent le salaire pendant toute la durée du congé.
Le salaire journalier de base
Le salaire journalier de base est calculé à partir des 3 derniers salaires bruts précédant le début du congé maternité :
- Salaire journalier de base = (salaire brut M-1 + salaire brut M-2 + salaire brut M-3) / 91,25
Ce salaire journalier est plafonné au 1/730e du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). En 2026, le PASS est de 46 368 euros, soit un plafond journalier de 100,36 euros brut.
Du brut au net
Les indemnités journalières de maternité sont soumises à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %), soit un prélèvement total de 6,7 %. Le montant net est donc :
- IJ nette = IJ brute x 0,933 (soit IJ brute - 6,7 %)
En pratique, on retient souvent un coefficient de 0,79 par rapport au salaire brut de départ (après prise en compte des cotisations et des prélèvements sociaux sur les IJ).
Exemple de calcul
Pour une salariée gagnant 2 500 euros brut par mois :
- Salaire journalier de base = (2 500 + 2 500 + 2 500) / 91,25 = 82,19 euros brut
- Vérification du plafond : 82,19 euros < 100,36 euros, donc pas de plafonnément.
- IJ nette = 82,19 x 0,933 = 76,68 euros net par jour
- Pour un congé de 16 semaines (112 jours) : 76,68 x 112 = 8 588,16 euros net au total.
Plafond des indemnités journalières en 2026
| Élément | Montant 2026 |
|---|---|
| Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) | 46 368 euros |
| IJ maternité maximale brute | 100,36 euros / jour |
| IJ maternité maximale nette | 93,64 euros / jour |
| Salaire brut mensuel au plafond | 3 864 euros |
Si votre salaire brut mensuel dépasse 3 864 euros, vos indemnités journalières seront plafonnées. Certaines conventions collectives prévoient un complément employeur qui maintient la rémunération à 100 % du salaire net. C'est le cas notamment dans la fonction publique, la banque et la plupart des grandes entreprises.
Conditions pour bénéficier des indemnités de maternité
Pour percevoir les indemnités journalières de maternité, vous devez remplir plusieurs conditions :
Affiliation et durée de travail
- Être affiliée à la Sécurité sociale depuis au moins 10 mois à la date prévue d'accouchement.
- Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant le début du congé, ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 derniers mois.
- Avoir cessé toute activité professionnelle pendant au moins 8 semaines, dont 6 semaines après l'accouchement (obligation légale minimum).
Démarchés à effectuér
La salariée doit adresser à sa CPAM, dans les 14 premières semaines de grossesse, un certificat de grossesse établi par le médecin ou la sage-femme. Ce document déclenche la prise en charge et permet le calcul des dates du congé maternité.
L'employeur doit être informé de la grossesse et de la date de début du congé maternité. Il n'y a pas de délai légal pour cette information, mais un préavis raisonnable est recommandé pour organiser votre remplacément.
Le congé paternité et d'accueil de l'enfant
Le conjoint de la mère (père, partenaire de PACS ou conjoint) bénéficie d'un congé paternité et d'accueil de l'enfant de 28 jours calendaires (dont 7 jours obligatoires immédiatement après la naissance).
Durée du congé paternité
| Situation | Naissance obligatoire | Congé paternité | Total |
|---|---|---|---|
| Naissance simple | 7 jours | 21 jours | 28 jours |
| Naissances multiples | 7 jours | 28 jours | 35 jours |
Les 7 premiers jours (3 jours de naissance obligatoires financés par l'employeur + 4 jours de congé paternité) doivent être pris immédiatement après la naissance. Les jours restants peuvent être fractionnés en 2 périodes minimum de 5 jours chacune, à prendre dans les 6 mois suivant la naissance.
Indemnisation du congé paternité
Le congé paternité est indemnisé par la CPAM selon les mêmes modalités que le congé maternité (salaire journalier de base, plafonnément au PASS, prélèvements CSG/CRDS). Le salaire des 3 premiers jours (congé de naissance) est intégralement maintenu par l'employeur.
Protection de la salariée enceinte
La salariée enceinte bénéficie d'une protection renforcée contre le licenciement. Cette protection s'applique dès la déclaration de grossesse et pendant toute la durée du congé maternité, ainsi que pendant les 10 semaines suivant la fin du congé.
Interdiction de licenciement
L'employeur ne peut pas licencier une salariée pendant son congé maternité, ni pendant les 10 semaines qui suivent. Il ne peut pas non plus prendre de mesures préparatoires au licenciement pendant ces périodes. Les seules exceptions sont la faute grave non liée à la grossesse et l'impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse (liquidation judiciaire par exemple).
Droit au retour
À l'issue du congé maternité, la salariée doit retrouver son emploi précédent ou un emploi similaire avec une rémunération au moins équivalente. Elle a droit à un entretien professionnel avec son employeur pour discuter de ses perspectives d'évolution, de ses besoins en formation et de l'organisation de son retour.
Si des augmentations générales ou individuelles ont eu liéu pendant le congé, la salariée doit en bénéficier à son retour (rattrapage salarial obligatoire prévu par l'article L1225-26 du Code du travail).
Le congé d'adoption
Les parents adoptifs bénéficient d'un congé d'adoption dont la durée dépend du nombre d'enfants adoptés et du nombre d'enfants déjà à charge dans le foyer :
| Situation | Durée du congé d'adoption |
|---|---|
| Adoption d'un enfant (0 ou 1 enfant à charge) | 16 semaines |
| Adoption d'un enfant (2 enfants ou plus à charge) | 18 semaines |
| Adoption de 2 enfants ou plus | 22 semaines |
Le congé d'adoption peut être partagé entre les deux parents. Si les deux parents travaillent, la durée totale est augmentée de 25 jours (ou 32 jours en cas d'adoptions multiples) lorsque le congé est réparti entre les deux parents, chaque parent devant prendre au moins 25 jours.
L'indemnisation du congé d'adoption est identique à celle du congé maternité (indemnités journalières calculées sur le salaire journalier de base, plafonnées au PASS).
Tableau des indemnités selon le salaire
| Salaire brut mensuel | IJ brute / jour | IJ nette / jour | Total net (16 sem.) | Total net (26 sem.) |
|---|---|---|---|---|
| 1 802 euros (SMIC) | 59,24 euros | 55,27 euros | 6 190 euros | 10 058 euros |
| 2 000 euros | 65,75 euros | 61,35 euros | 6 871 euros | 11 166 euros |
| 2 500 euros | 82,19 euros | 76,68 euros | 8 588 euros | 13 956 euros |
| 3 000 euros | 98,63 euros | 92,02 euros | 10 306 euros | 16 748 euros |
| 3 500 euros | 100,36 euros | 93,64 euros | 10 488 euros | 17 043 euros |
| 4 000 euros | 100,36 euros | 93,64 euros | 10 488 euros | 17 043 euros |
| 5 000 euros | 100,36 euros | 93,64 euros | 10 488 euros | 17 043 euros |
Au-delà de 3 864 euros brut par mois, les IJ sont plafonnées. Le complément éventuel de l'employeur dépend de la convention collective applicable.
Questions fréquentes sur le congé maternité
Non, il est interdit de travailler pendant le congé maternité. La loi impose un arrêt minimum de 8 semaines, dont 6 semaines obligatoires après l'accouchement. Cette interdiction s'applique aussi bien à l'employeur (qui ne peut pas demander à la salariée de travailler) qu'à la salariée elle-même.
Si la salariée exerce une activité professionnelle pendant son congé maternité, elle s'expose à la suspension de ses indemnités journalières par la CPAM.
Le congé maternité débute automatiquement à la date de début du congé prénatal, calculée en fonction de la date prévue d'accouchement. Pour un premier ou deuxième enfant, le congé prénatal commence 6 semaines (42 jours) avant la date prévue d'accouchement.
Si l'accouchement a liéu avant la date prévue, le congé prénatal est raccourci et les jours non pris sont reportés sur le congé postnatal (la durée totale reste identique). Si l'accouchement a liéu après la date prévue, le congé prénatal est prolongé et le congé postnatal commence à la date réelle de l'accouchement (la durée du postnatal n'est pas réduite).
Oui, avec l'accord de votre médecin, vous pouvez reporter jusqu'à 3 semaines de votre congé prénatal sur le congé postnatal. Par exemple, pour un premier enfant, au liéu de 6 semaines avant et 10 semaines après, vous pouvez prendre 3 semaines avant et 13 semaines après l'accouchement.
Ce report est conditionné à un avis médical favorable attestant que votre état de santé permet de poursuivre votre activité professionnelle. Le report se fait semaine par semaine et peut être interrompu à tout moment si votre état de santé l'exige.
Le congé pathologique est un arrêt prescrit par le médecin en cas de grossesse à risque ou de complications. Il se décompose en deux parties :
- Congé pathologique prénatal : 2 semaines maximum, indemnisé comme le congé maternité (IJ maternité). Il peut être prescrit à tout moment de la grossesse.
- Congé pathologique postnatal : prescrit en cas de complications après l'accouchement, il est indemnisé comme un arrêt maladie ordinaire (IJ maladie, avec un délai de carence de 3 jours et un montant souvent inférieur).
Oui, les indemnités journalières de maternité sont soumises à l'impôt sur le revenu. Elles doivent être déclarées dans la catégorie des revenus de remplacément. La CPAM transmet automatiquement le montant imposable à l'administration fiscale, qui le pré-remplit dans votre déclaration de revenus.
Les prélèvements sociaux (CSG à 6,2 % et CRDS à 0,5 %) sont déduits directement par la CPAM avant le versement. Le montant net versé sur votre compte est donc déjà amputé de ces prélèvements.
Il n'existe pas d'obligation légale générale de complément employeur. Cependant, de nombreuses conventions collectives prévoient un maintien de salaire (total ou partiel) pendant le congé maternité, souvent sous condition d'ancienneté (généralement 1 an).
Les fonctionnaires bénéficient d'un maintien intégral de leur traitement pendant toute la durée du congé maternité. Dans le secteur privé, vérifiez votre convention collective ou votre accord d'entreprise. Les conventions de la banque, de l'assurance, de la chimie et de la métallurgie prévoient généralement un maintien de salaire.
Le congé maternité est assimilé à du temps de travail effectif pour le calcul des droits à congés payés. La salariée continue donc d'acquérir des jours de congés payés pendant toute la durée de son congé maternité.
À son retour, si la période de prise de congés est passée, la salariée peut bénéficier d'un report de ses congés non pris. La jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne garantit ce droit au report.
Oui, la salariée peut prendre un congé parental d'éducation à l'issue de son congé maternité. Ce congé est ouvert à tout salarié ayant au moins 1 an d'ancienneté dans l'entreprise à la date de naissance de l'enfant.
Le congé parental peut être pris à temps plein (suspension du contrat) ou à temps partiel (réduction de la durée de travail d'au moins 1/5e). Sa durée initiale est de 1 an maximum, renouvelable jusqu'aux 3 ans de l'enfant (ou jusqu'aux 6 ans en cas de maladie, accident ou handicap de l'enfant).
Pendant le congé parental, le salarié peut percevoir la PreParE (prestation partagée d'éducation de l'enfant), versée par la CAF. Son montant est d'environ 428 euros par mois à taux plein en 2026.
À son retour, la salariée doit retrouver son poste précédent ou un poste similaire avec une rémunération au moins équivalente. L'employeur doit organiser un entretien professionnel pour discuter des perspectives d'évolution et des besoins éventuels en formation.
Si des augmentations de salaire (générales ou individuelles) ont été accordées pendant l'absence, la salariée en bénéficie automatiquement à son retour. Ce rattrapage salarial est une obligation légale (article L1225-26 du Code du travail).
La protection contre le licenciement se prolonge pendant les 10 semaines suivant la fin du congé maternité. Pendant cette période, seule une faute grave non liée à la grossesse ou l'impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger peuvent justifier un licenciement.
Les auto-entrepreneuses affiliées à la Sécurité sociale des indépendants bénéficient d'un congé maternité de même durée que les salariées. Les indemnités journalières sont calculées sur la base du revenu annuel moyen des 3 dernières années, après abattement forfaitaire.
En plus des IJ, les auto-entrepreneuses peuvent percevoir une allocation forfaitaire de repos maternel (environ 3 666 euros en 2026, versée en deux fois). Pour en bénéficier, il faut être affiliée depuis au moins 10 mois et être à jour de ses cotisations URSSAF.
Oui, la salariée peut démissionner pendant ou à la fin de son congé maternité sans avoir à respecter de préavis. Cette possibilité est prévue par l'article L1225-34 du Code du travail.
La salariée doit simplement informer son employeur par lettre recommandée au moins 15 jours avant la fin de son congé maternité. Elle n'a pas à verser d'indemnité compensatrice de préavis. Ce droit à démission sans préavis est limité à une période de 2 mois après la fin du congé maternité.
Oui, le congé maternité est intégralement pris en compte pour le calcul des droits à la retraite. Les trimestrès de congé maternité sont assimilés à des trimestrès cotisés, ce qui signifie qu'ils comptent aussi bien pour la durée d'assurance que pour le calcul du montant de la pension.
De plus, les mères bénéficient de trimestrès supplémentaires au titre de la maternité : 4 trimestrès par enfant pour la maternité ou l'adoption, et 4 trimestrès au titre de l'éducation de l'enfant (ces derniers pouvant être partagés entre les parents depuis 2010).