Combien gagne réellement un auto-entrepreneur ?

Entre les cotisations sociales URSSAF, l'impôt sur le revenu et la CFE, il n'est pas toujours facile d'estimer ce qu'il reste réellement sur votre compte en banque. Ce simulateur calculé en temps réel vos revenus nets d'auto-entrepreneur en 2026, selon votre activité, votre chiffre d'affaires et vos options fiscales.

Estimer mes revenus nets d'auto-entrepreneur

Montant HT encaisse par mois en moyenne
Option accèssible si le revenu fiscal de référence du foyer ne dépasse pas certains seuils

Le statut d'auto-entrepreneur en 2026 : ce qu'il faut savoir

Le régime de la micro-entreprise, communement appele statut d'auto-entrepreneur, reste en 2026 le cadre juridique le plus accèssible pour lancer une activité indépendante en France. Avec plus de 2,5 millions de micro-entrepreneurs actifs, ce statut seduit par sa simplicite administrative : pas de comptabilite complexe, des cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires et une déclaration en ligne trimestrielle ou mensuelle sur le portail de l'URSSAF.

Cependant, la simplicite du régime masque parfois la realite des charges. Entre les cotisations sociales, l'impôt sur le revenu, la contribution à la formation professionnelle et la cotisation fonciere des entreprises (CFE), le montant qui reste réellement dans votre poche peut être sensiblement inférieur à votre chiffre d'affaires. Ce simulateur a été concu pour vous donner une vision claire et complété de vos revenus nets.

Les cotisations sociales des auto-entrepreneurs : taux 2026

Les cotisations sociales représentent la charge principale de l'auto-entrepreneur. Elles sont calculées en appliquant un pourcentage forfaitaire au chiffre d'affaires encaisse, sans possibilite de déduire les charges réelles. Les taux applicables en 2026 sont les suivants :

Type d'activité Taux normal Taux ACRE (1re année)
Vente de marchandises (BIC) 12,3 % 6,15 %
Prestation de services artisanale ou commerciale (BIC) 21,2 % 10,6 %
Prestation de services libérale (BNC) 21,1 % 10,55 %
Activité libérale réglementée (CIPAV) 21,2 % 10,6 %

Ces cotisations financént votre protection sociale : assurance maladie, retraite de base et complémentaire, allocations familiales, invalidité-décès et CSG-CRDS. Si votre chiffre d'affaires est nul sur un trimestre, vous ne payez aucune cotisation.

L'ACRE : une réduction de 50 % la première année

L'Aide à la Creation ou à la Reprise d'Entreprise (ACRE) permet aux nouveaux auto-entrepreneurs de bénéficier d'une exonération de 50 % sur leurs cotisations sociales pendant les quatre premiers trimestrès civils d'activité. Cette aide est soumise à conditions : il faut être demandeur d'emploi, bénéficiaire du RSA, avoir moins de 26 ans, ou entrer dans l'un des cas d'éligibilité prévus par la loi.

La demande doit être effectuée dans les 45 jours suivant la création de la micro-entreprise, via le formulaire dedie sur le site de l'URSSAF ou le guichet unique. En l'absence de réponse dans un délai d'un mois, l'ACRE est consideree comme accordée. Pour un prestataire de services BIC avec un chiffre d'affaires de 3 000 euros par mois, l'ACRE représente une économie d'environ 318 euros par mois, soit 3 816 euros sur la première année.

Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu

Le versement libératoire est une option fiscale qui permet à l'auto-entrepreneur de payer son impôt sur le revenu en même temps que ses cotisations sociales, sous la forme d'un pourcentage supplémentaire appliqué au chiffre d'affaires. Les taux du versement libératoire en 2026 sont :

  • Vente de marchandises : 1 % du chiffre d'affaires
  • Prestation de services BIC : 1,7 % du chiffre d'affaires
  • Prestation de services BNC : 2,2 % du chiffre d'affaires
  • Activité libérale réglementée : 2,2 % du chiffre d'affaires

Cette option est accèssible uniquement si le revenu fiscal de référence de votre foyer (année N-2) ne dépasse pas un certain seuil par part de quotient familial (28 797 euros par part en 2026). Le versement libératoire est souvent avantageux pour les auto-entrepreneurs dont le taux marginal d'imposition est supérieur a 11 %, car les taux forfaitaires sont généralement inférieurs à ce que vous paieriez au barème progressif.

En revanche, si vos revenus globaux sont faibles et que vous êtes dans la tranche a 0 % ou 11 %, le versement libératoire peut s'averer plus couteux. Il est donc essentiel de comparer les deux options avant de faire votre choix. L'option se demande auprès de l'URSSAF avant le 30 septembre pour une application au 1er janvier suivant.

Les plafonds de chiffre d'affaires en 2026

Le régime de la micro-entreprise est soumis à des plafonds de chiffre d'affaires annuels. En 2026, ces seuils restent fixes a :

Type d'activité Plafond annuel Plafond mensuel indicatif
Vente de marchandises, fourniture de denrees, hebergement 188 700 euros 15 725 euros
Prestations de services (BIC et BNC) 77 700 euros 6 475 euros

Si vous dépassez ces plafonds deux années consécutives, vous basculez automatiquement vers le régime réel d'imposition au 1er janvier de l'année suivante. Ce changement implique des obligations comptables plus lourdes (bilan, compte de résultat, TVA). Un premier dépassement isolé ne remet pas en cause votre statut.

La cotisation fonciere des entreprises (CFE)

La CFE est un impôt local du a toutes les entreprises, y compris les auto-entrepreneurs, à partir de leur deuxième année d'activité. Son montant dépend de la commune ou est domiciliée l'entreprise et de la valeur locative des locaux utilisés. Pour les auto-entrepreneurs travaillant a domicile, une cotisation minimum est appliquée, généralement comprise entre 100 et 600 euros par an selon la commune.

En 2026, les auto-entrepreneurs dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 5 000 euros sont exonérés de CFE. La première année d'activité est également exonérée quelle que soit la situation. Le simulateur ci-dessus utilisé une estimation de 150 euros par an (soit 12,50 euros par mois) pour la CFE, qui correspond au minimum constaté dans la plupart des communes.

La franchise en base de TVA

L'un des avantages du statut de micro-entrepreneur est la franchise en base de TVA. En dessous de certains seuils de chiffre d'affaires, vous n'êtes pas assujetti à la TVA : vous ne la facturéz pas à vos cliénts et vous ne pouvez pas la récupérér sur vos achats professionnels.

En 2026, les seuils de franchise de TVA sont de 85 800 euros pour la vente de marchandises et de 34 400 euros pour les prestations de services. Si vous dépassez ces seuils, vous devez facturér la TVA à vos cliénts et effectuér des déclarations periodiques. Des seuils majores (94 300 euros et 36 500 euros) existent : le dépassement de ces seuils majores entraîne une assujettissement immédiat à la TVA.

La mention "TVA non applicable, article 293 B du Code général des impôts" doit figurer sur toutes vos facturés tant que vous bénéficiéz de la franchise.

Combien reste-t-il réellement à un auto-entrepreneur ?

Pour estimer le revenu net d'un auto-entrepreneur, il faut déduire l'ensemble des charges obligatoires du chiffre d'affaires. Prenons l'exemple d'un prestataire de services BIC realisant 3 000 euros de chiffre d'affaires mensuel, sans ACRE et sans versement libératoire :

Poste Montant mensuel Montant annuel
Chiffre d'affaires 3 000 euros 36 000 euros
Cotisations sociales (21,2 %) 636 euros 7 632 euros
Impot sur le revenu (estimation) 165 euros 1 980 euros
CFE (estimation) 12,50 euros 150 euros
Revenu net 2 186,50 euros 26 238 euros

Dans cet exemple, l'auto-entrepreneur conserve environ 73 % de son chiffre d'affaires. Ce ratio varie considérablement selon le type d'activité (les vendeurs de marchandises conservent davantage grâce àu taux de cotisations plus faible) et la situation fiscale personnelle.

Auto-entrepreneur vs salarié : quelle equivalence ?

Il est tentant de comparer le chiffre d'affaires d'un auto-entrepreneur au salaire brut d'un salarié, mais cette comparaison est trompeuse. Le salarié bénéficié de droits sociaux plus étendus (chômage, congés payés, mutuelle obligatoire, prévoyance), tandis que l'auto-entrepreneur doit financér lui-même ces protections complémentaires. De plus, l'auto-entrepreneur supporte ses propres frais professionnels (matériel, logiciels, déplacéments, assurance RC Pro) sans pouvoir les déduire de son chiffre d'affaires dans le cadre du régime micro.

En règle générale, pour obtenir un niveau de vie equivalent a celui d'un salarié, un auto-entrepreneur prestataire de services doit facturér au minimum 1,5 a 2 fois le salaire net vise, en tenant compte des charges sociales, de l'impôt, de la CFE, des frais professionnels et de l'absence de congés payés rémunérés.

Questions frequentes sur le simulateur auto-entrepreneur

Comment sont calculées les cotisations sociales d'un auto-entrepreneur ?

Les cotisations sociales sont calculées en appliquant un taux forfaitaire au chiffre d'affaires encaisse. Le taux dépend de la nature de l'activité : 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services BIC, 21,1 % pour les BNC et 21,2 % pour les activités libérales réglementées (CIPAV). Ce système est proportionnel : pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations.

Qu'est-ce que le versement libératoire de l'impôt sur le revenu ?

Le versement libératoire est une option fiscale qui permet de payer l'impôt sur le revenu en même temps que les cotisations sociales, sous forme d'un pourcentage fixe du chiffre d'affaires (1 % pour la vente, 1,7 % pour les services BIC, 2,2 % pour les BNC). Cette option est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 28 797 euros par part. Elle est avantageuse si votre taux marginal d'imposition dépasse 11 %.

L'ACRE est-elle automatique en 2026 ?

Non, l'ACRE n'est pas automatique. Vous devez en faire la demande dans les 45 jours suivant la création de votre micro-entreprise. La demande se fait via le guichet unique ou directement auprès de l'URSSAF. Vous devez justifier de votre éligibilité (demandeur d'emploi, bénéficiaire RSA, moins de 26 ans, etc.). L'URSSAF dispose d'un mois pour répondre. En l'absence de réponse, l'aide est consideree comme acceptée.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond de chiffre d'affaires ?

Un dépassement isolé n'entraîne pas de changement de régime. En revanche, si vous dépassez le plafond (188 700 euros pour la vente, 77 700 euros pour les services) deux années consécutives, vous basculez automatiquement au régime réel d'imposition au 1er janvier de l'année suivante. Vous devrez alors tenir une comptabilite complété et serez soumis à des obligations declaratives plus lourdes.

Un auto-entrepreneur paie-t-il la TVA ?

Les auto-entrepreneurs bénéficient de la franchise en base de TVA tant que leur chiffre d'affaires reste en dessous de 85 800 euros (vente) ou 34 400 euros (services). En franchise, vous ne facturéz pas la TVA et vous ne pouvez pas la récupérér sur vos achats. Si vous dépassez ces seuils, vous devez commencer a facturér la TVA et à effectuér des déclarations periodiques.

Qu'est-ce que la CFE et combien coute-t-elle ?

La cotisation fonciere des entreprises (CFE) est un impôt local du par toutes les entreprises. Son montant dépend de la commune et de la valeur locative des locaux. Pour un auto-entrepreneur a domicile, la cotisation minimum varie généralement entre 100 et 600 euros par an. La première année d'activité est exonérée, et les auto-entrepreneurs dont le CA annuel est inférieur à 5 000 euros en sont dispenses.

Peut-on déduire ses frais professionnels en auto-entrepreneur ?

Non, le régime micro-entreprise ne permet pas de déduire les charges réelles. L'administration fiscale appliqué un abattement forfaitaire pour le calcul de l'impôt : 71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC. Si vos frais réels dépassent ces abattements, il peut être plus avantageux de passer au régime réel (EURL, SASU).

Quel est le revenu net moyen d'un auto-entrepreneur ?

Le revenu net dépend du chiffre d'affaires et du type d'activité. En moyenne, un auto-entrepreneur conserve entre 65 % et 80 % de son chiffre d'affaires après déduction des cotisations, de l'impôt et de la CFE. Les vendeurs de marchandises conservent une part plus importante (taux de cotisations a 12,3 %) mais ont généralement des frais d'achat de stock a déduire mentalement. Les prestataires de services conservent environ 70 % a 75 %.

Comment optimiser ses revenus en auto-entrepreneur ?

Plusieurs leviers existent : demander l'ACRE des la création pour réduire les cotisations la première année, opter pour le versement libératoire si votre taux marginal d'imposition est supérieur a 11 %, maitriser vos dépenses professionnelles, et anticiper les seuils de TVA et de plafond de CA. Si vos charges réelles sont élevées, envisagez le passage en société pour pouvoir les déduire.