Qu'est-ce que les indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) ?
Les indemnités journalières de Sécurité sociale sont des prestations versées par la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) pour compenser partiellement la perte de salaire lors d'un arrêt de travail. Elles concernent les salariés du régime général en arrêt maladie, en accident du travail (AT) ou en maladie professionnelle (MP). Le montant des IJSS dépend de vos salaires bruts antérieurs, du type d'arrêt et de votre situation familiale.
En 2026, le calcul des IJSS repose sur les 3 derniers salaires bruts perçus avant l'arrêt. Le salaire journalier de base est obtenu en divisant la somme de ces 3 salaires par 91,25 (nombre de jours sur 3 mois). Ce salaire journalier est ensuite multiplié par un taux qui varie selon la nature de l'arrêt et la durée de l'indemnisation.
Comment sont calculées les IJSS maladie en 2026 ?
Le calcul des indemnités journalières maladie suit un mécanisme précis défini par le Code de la Sécurité sociale :
Le salaire journalier de base
Le salaire journalier de base (SJB) est le point de départ du calcul. Il correspond à la somme de vos 3 derniers salaires bruts divisee par 91,25. Chaque salaire mensuel est plafonné à 1,8 fois le SMIC mensuel brut, soit 3 243,24 euros en 2026 (1,8 x 1 801,80 euros). Le plafond pour les 3 mois est donc de 9 729,72 euros.
- SJB = (salaire M1 + salaire M2 + salaire M3) / 91,25
- Plafond par mois : 3 243,24 euros
- Plafond total 3 mois : 9 729,72 euros
Le taux d'indemnisation
En arrêt maladie ordinaire, l'IJSS correspond à 50 % du salaire journalier de base. Ce taux est porte a 66,66 % (deux tiers) a partir du 31e jour d'arrêt pour les assurés ayant au moins 3 enfants à charge.
Le montant maximum de l'IJSS maladie est de 53,31 euros par jour en 2026. Après le 31e jour avec 3 enfants à charge ou plus, le plafond passe a 71,07 euros par jour.
Le délai de carence
En cas d'arrêt maladie, un délai de carence de 3 jours s'applique. Les indemnités journalières ne sont versées qu'a partir du 4e jour d'arrêt. Ce délai de carence ne s'applique qu'une seule fois si les arrêts sont rapproches (reprise de moins de 48 heures entre deux arrêts liés à la même affection de longue durée).
En pratique, de nombreuses conventions collectives prévoient que l'employeur compense ces 3 jours de carence, notamment dans la metallurgie, la banque, l'assurance et la fonction publique.
Exemple de calcul pour un arrêt maladie de 30 jours
Pour un salarié gagnant 2 500 euros brut par mois :
- Somme des 3 derniers mois : 2 500 + 2 500 + 2 500 = 7 500 euros (sous le plafond de 9 729,72 euros)
- Salaire journalier de base : 7 500 / 91,25 = 82,19 euros
- IJSS journalière : 82,19 x 50 % = 41,10 euros
- Jours indemnisés : 30 - 3 (carence) = 27 jours
- Montant total : 41,10 x 27 = 1 109,70 euros
Specificités des IJSS en accident du travail et maladie professionnelle
Le régime de l'accident du travail (AT) et de la maladie professionnelle (MP) est plus favorable que celui de la maladie ordinaire. Les différences sont significatives :
Pas de délai de carence
En AT/MP, les indemnités journalières sont versées des le premier jour d'arret, sans délai de carence. Le jour de l'accident est paye intégralement par l'employeur, et les IJSS demarrent le lendemain.
Un taux d'indemnisation progressif
Le calcul du salaire journalier de référence en AT/MP utilisé le salaire mensuel brut divise par 30,42 (au liéu de la somme de 3 mois divisee par 91,25). Les taux d'indemnisation sont plus élevés :
- 60 % du salaire journalier de référence pendant les 28 premiers jours
- 80 % a partir du 29e jour
Ce régime permet de couvrir une part plus importante du salaire perdu, en reconnaissance du lién direct entre l'arrêt et l'activité professionnelle. Le salaire de référence est également plafonné à 0,834 % du plafond annuel de la Sécurité sociale pour le taux à 60 %, et a 1,667 % pour le taux à 80 %.
Durée maximale de versement des IJSS
La durée de versement des indemnités journalières dépend du type d'arrêt et de la nature de la pathologie :
Arret maladie ordinaire
Les IJSS maladie sont versées pendant une durée maximale de 360 jours sur une période de 3 ans. Ce compteur de 3 ans est glissant : il se calculé à partir de la date du premier arrêt. Si le salarié épuise ses 360 jours, il doit attendre le renouvellement de la période triennale pour ouvrir de nouveaux droits, sauf en cas d'affection de longue durée.
Affection de longue durée (ALD)
Pour les assurés en affection de longue durée (cancer, diabete, sclerose en plaques, etc.), la durée de versement est portée a 3 ans continus maximum. Le taux reste le même (50 % ou 66,66 % avec 3 enfants), mais la durée d'indemnisation est considérablement allongee. La liste des ALD est fixee par décret et comprend 30 affections (ALD 30).
Accident du travail et maladie professionnelle
En AT/MP, les IJSS sont versées jusqu'à la guérison ou la consolidation de l'état de santé, sans limite de durée fixe. La consolidation est le moment ou la lesion n'évolue plus et ou un état sequellaire peut être évalué. A ce stade, une rente d'incapacité permanente peut prendre le relais si un taux d'incapacité est reconnu.
La subrogation de l'employeur
La subrogation est un mécanisme par lequel l'employeur continue de verser le salaire au salarié et perçoit directement les IJSS de la CPAM en retour. Ce dispositif évite au salarié de subir un décalage de trésorerie entre la fin du salaire et le premier versement des indemnités.
La subrogation est obligatoire lorsque l'employeur maintient le salaire a hauteur au moins égale aux IJSS. Elle est facultative dans les autrès cas, mais reste très répandue dans les grandes entreprises et dans la fonction publique.
En pratique, avec la subrogation, le salarié recoit chaque mois un bulletin de paie indiquant le maintien de salaire et les IJSS perçues par l'employeur. La différence entre le salaire habituel et les IJSS est supportée par l'employeur (complément employeur).
Le complément employeur (loi de mensualisation)
Au-delà des IJSS versées par la CPAM, le salarié peut bénéficier d'un complément de salaire versé par l'employeur. Ce complément est régi par la loi de mensualisation de 1978 et les conventions collectives.
Conditions du complément légal
Le complément légal s'applique aux salariés ayant au moins 1 an d'ancienneté dans l'entreprise. Ses conditions sont les suivantes :
- Pendant les 30 premiers jours : maintien de 90 % du salaire brut (IJSS incluses)
- Pendant les 30 jours suivants : maintien de 66,66 % du salaire brut (IJSS incluses)
- Durée majorée de 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté supplémentaire
La convention collective applicable peut prévoir des conditions plus favorables : maintien a 100 % du salaire, absence de condition d'ancienneté, durée de maintien plus longue. Il est essentiel de vérifier les dispositions de votre convention collective ou de votre accord d'entreprise.
Le mi-temps thérapeutique
Le mi-temps thérapeutique (ou temps partiel thérapeutique) permet au salarié de reprendre progressivement son activité tout en continuant a percevoir des IJSS. Le médecin prescrit une reprise a temps partiel lorsque la reprise a temps plein n'est pas encore possible.
Pendant le mi-temps thérapeutique, le salarié perçoit son salaire pour les heures travaillées et des IJSS pour les heures non travaillées. Le cumul salaire + IJSS ne peut pas dépasser le salaire qu'il aurait perçu s'il avait travaille a temps plein. La durée maximale du mi-temps thérapeutique est en principe de 1 an, renouvelable sous conditions.
Conditions pour bénéficier des IJSS
Pour percevoir les indemnités journalières, le salarié doit remplir plusieurs conditions :
- Être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois à la date de l'arrêt (pour les arrêts de plus de 6 mois)
- Avoir travaille au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant l'arrêt, ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal a 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 derniers mois
- Transmettre l'arrêt de travail à la CPAM et à l'employeur dans les 48 heures
- Respecter les heures de sortie autorisees (9h-11h et 14h-16h sauf autorisation medicale contraire)
- Se soumettre aux contrôles médicaux de la CPAM
En cas de non-respect de ces obligations, la CPAM peut suspendre le versement des IJSS ou appliquer une penalite financiere.
Tableau des IJSS selon le salaire brut mensuel (maladie, 2026)
| Salaire brut mensuel | SJB | IJSS / jour (50 %) | IJSS / jour (66,66 %) | Total 30 jours (27 ind.) |
|---|---|---|---|---|
| 1 802 euros (SMIC) | 59,24 euros | 29,62 euros | 39,49 euros | 799,74 euros |
| 2 000 euros | 65,75 euros | 32,88 euros | 43,83 euros | 887,76 euros |
| 2 500 euros | 82,19 euros | 41,10 euros | 54,79 euros | 1 109,70 euros |
| 3 000 euros | 98,63 euros | 49,32 euros | 65,75 euros | 1 331,64 euros |
| 3 243 euros (plafond) | 106,62 euros | 53,31 euros | 71,07 euros | 1 439,37 euros |
| 3 500 euros | 106,62 euros | 53,31 euros | 71,07 euros | 1 439,37 euros |
| 4 000 euros | 106,62 euros | 53,31 euros | 71,07 euros | 1 439,37 euros |
Le taux à 66,66 % s'applique uniquement a partir du 31e jour d'arrêt maladie pour les assurés ayant au moins 3 enfants à charge. Pour les arrêts AT/MP, les taux sont de 60 % puis 80 % (base de calcul différente).
Questions frequentes sur les indemnités journalières
Le délai de carence est de 3 jours pour un arrêt maladie ordinaire. Les IJSS ne sont versées qu'a partir du 4e jour d'arrêt. Ce délai ne s'applique pas en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, ou les indemnités demarrent des le lendemain de l'arrêt (le jour de l'accident étant paye par l'employeur).
Certaines conventions collectives et certains employeurs prennent en charge les 3 jours de carence dans le cadre du complément employeur.
Oui, les indemnités journalières maladie sont soumises à l'impôt sur le revenu. Elles doivent être déclarées dans la catégorie des revenus de remplacément. La CPAM transmet automatiquement le montant imposable à l'administration fiscale pour le pre-remplissage de la déclaration.
Exception : les IJSS versées en AT/MP sont exonérées d'impôt sur le revenu a hauteur de 50 %. Seule la moitié du montant perçu est donc imposable.
La durée maximale de versement des IJSS maladie est de 360 jours sur une période glissanté de 3 ans. Pour les assurés en affection de longue durée (ALD), cette durée est portée à 3 ans continus. En accident du travail ou maladie professionnelle, les IJSS sont versées jusqu'à la guérison ou la consolidation, sans limite de durée fixe.
Le salaire journalier de base est calculé à partir de vos 3 derniers salaires bruts avant l'arrêt. La somme est divisee par 91,25 (nombre de jours sur 3 mois). Chaque salaire mensuel est plafonné à 1,8 fois le SMIC mensuel, soit 3 243,24 euros en 2026. Si vos salaires sont irréguliérs (primes, heures supplémentaires), ils sont pris en compte tels quels dans la limite du plafond.
La loi de mensualisation de 1978 prévoit un complément obligatoire pour les salariés ayant au moins 1 an d'ancienneté : 90 % du salaire brut pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant 30 jours supplémentaires (IJSS incluses). Ces durées augmentent avec l'ancienneté.
De nombreuses conventions collectives prévoient des conditions plus favorables : maintien a 100 %, pas de condition d'ancienneté, durée plus longue. Verifiez votre convention collective ou contactez votre service RH.
La subrogation est un mécanisme par lequel votre employeur continue de vous verser votre salaire et perçoit directement les IJSS de la CPAM. Cela évite le décalage de trésorerie entre l'arrêt du salaire et le premier versement des indemnités. La subrogation est obligatoire lorsque l'employeur maintient le salaire à un niveau au moins égal aux IJSS.
Oui, dans le cadre d'un mi-temps thérapeutique prescrit par le médecin. Le salarié reprend a temps partiel et perçoit des IJSS en complément de son salaire pour les heures non travaillées. Le cumul salaire + IJSS ne peut pas excéder le salaire a temps plein. Ce dispositif est accordé sur avis du médecin-conseil de la CPAM.
Oui, les périodes d'arrêt maladie indemnisées par des IJSS sont prises en compte pour la retraite. Un trimestre est valide pour chaque période de 60 jours d'indemnisation. Ces trimestrès sont assimilés (et non cotisés), ce qui peut avoir un impact sur le calcul de la pension. En AT/MP, les trimestrès sont également validés et pris en compte de manière plus favorable.
Après 6 mois d'arrêt, le dossier est systématiquement examiné par le médecin-conseil de la CPAM. Celui-ci peut valider la poursuite des IJSS, proposer une mise en invalidité, ou demander une reprise (éventuellement a temps partiel). Si une mise en invalidité est prononcée, le salarié perçoit une pension d'invalidité qui remplacé les IJSS (catégorie 1, 2 ou 3 selon la capacite de travail restante).
Oui, les IJSS sont soumises à la CSG a 6,2 % et à la CRDS a 0,5 %, soit un prélèvement total de 6,7 %. Ce prélèvement est effectué directement par la CPAM avant le versement. Le montant net perçu sur votre compte est donc deja amputé de ces prélèvements. En AT/MP, les taux de CSG-CRDS sont identiques.