Quels sont les taux de cotisations URSSAF pour les auto-entrepreneurs en 2026 ?
Les cotisations sociales des auto-entrepreneurs sont calculées en appliquant un pourcentage forfaitaire au chiffre d'affaires encaissé. Ce taux varie selon la nature de l'activité exercée. Contrairement au régime général des travailleurs indépendants, il n'y a pas de cotisations minimales : si votre chiffre d'affaires est nul, vous ne payez rien.
Les quatre catégories d'activités et leurs taux
Le régime de la micro-entreprise distingue quatre grandes catégories, chacune avec un taux de cotisations spécifique :
- Vente de marchandises (BIC) : 12,3 %. Cette catégorie concerné les commerçants, les restaurateurs (vente à emporter), les hébergements touristiques et toutes les activités d'achat-revente.
- Prestation de services artisanale (BIC) : 21,2 %. Elle regroupe les artisans du bâtiment, les coiffeurs, les mécaniciens, les électriciens, les plombiers et tous les métiers manuels enregistrés au répertoire des métiers.
- Prestation de services libérale (BNC) : 23,1 %. Cette catégorie concerné les consultants, les formateurs, les développeurs informatiques, les graphistes, les traducteurs et tous les prestataires intellectuels relevant de la Sécurité sociale des indépendants.
- Activité libérale réglementée (CIPAV) : 23,2 %. Elle s'applique aux professions libérales rattachées à la CIPAV, comme les architectes, les psychologues, les ingénieurs-conseils, les moniteurs de ski ou les ostéopathes.
Tableau des taux de cotisations 2026
| Activité | Taux normal | Taux ACRE (1re année) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % | 6,2 % |
| Prestation de services artisanale (BIC) | 21,2 % | 10,6 % |
| Prestation de services libérale (BNC) | 23,1 % | 11,6 % |
| Activité libérale réglementée (CIPAV) | 23,2 % | 11,6 % |
Ces taux incluent l'ensemble des cotisations sociales obligatoires : assurance maladie-maternité, indemnités journalières, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales et CSG/CRDS.
L'ACRE, une réduction de 50 % la première année
L'ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'une Entreprise) permet de bénéficier d'une exonération de 50 % des cotisations sociales pendant les 12 premiers mois d'activité. Ce dispositif est particulièrement intéressant pour démarrer une activité avec des charges allégées.
Conditions d'éligibilité à l'ACRE
Pour bénéficier de l'ACRE en 2026, vous devez remplir l'une des conditions suivantes :
- Être demandeur d'emploi indemnisé ou inscrit depuis plus de 6 mois à France Travail.
- Bénéficier du RSA, de l'ASS (allocation de solidarité spécifique) ou de la PreParE.
- Avoir entre 18 et 25 ans (ou moins de 30 ans si reconnu travailleur handicapé).
- Créer ou reprendre une entreprise dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV).
- Être bénéficiaire du complément de libre choix d'activité (CLCA).
Comment obtenir l'ACRE ?
La demande d'ACRE doit être effectuée auprès de l'URSSAF dans les 45 jours suivant la déclaration de création de votre micro-entreprise. Le formulaire est disponible sur le site de l'URSSAF ou sur le guichet unique des formalités des entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr).
L'URSSAF dispose d'un mois pour répondre. En l'absence de réponse dans ce délai, l'ACRE est considérée comme accordée. Si votre demande est refusée, vous pouvez former un recours dans les deux mois suivant la notification du refus.
Exemple concret avec et sans ACRE
Pour un consultant en prestation de services libérale (BNC) réalisant 3 000 euros de chiffre d'affaires mensuel :
- Sans ACRE : cotisations mensuelles = 3 000 x 23,1 % = 693 euros. Revenu net = 2 307 euros.
- Avec ACRE : cotisations mensuelles = 3 000 x 11,6 % = 348 euros. Revenu net = 2 652 euros.
- Économie mensuelle : 345 euros, soit 4 140 euros sur l'année.
Les seuils de chiffre d'affaires à respecter en 2026
Le régime de la micro-entreprise est soumis à des plafonds de chiffre d'affaires annuel. Si vous dépassez ces seuils deux années civiles consécutives, vous basculez automatiquement vers le régime réel d'imposition, avec des obligations comptables et fiscales plus lourdes.
| Type d'activité | Seuil annuel | Seuil mensuel indicatif |
|---|---|---|
| Vente de marchandises, hébergement | 188 700 euros | 15 725 euros |
| Prestations de services (BIC et BNC) | 77 700 euros | 6 475 euros |
En cas d'activité mixte (vente et services), chaque seuil s'applique séparément à chaque catégorie de chiffre d'affaires, dans la limite du plafond global de 188 700 euros.
Seuils de TVA
Indépendamment des plafonds du régime micro, des seuils de franchise de TVA s'appliquent. En 2026, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA si votre chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas :
- 85 000 euros pour les activités de vente de marchandises.
- 37 500 euros pour les prestations de services.
Au-delà de ces seuils, vous devez facturér la TVA à vos cliénts, la déclarer et la reverser à l'État. Vous pouvez cependant déduire la TVA sur vos achats professionnels.
La CFE, la cotisation foncière des entreprises
En plus des cotisations URSSAF, les auto-entrepreneurs sont redevables de la cotisation foncière des entreprises (CFE). Cette taxe locale est due chaque année, quelle que soit la forme juridique de l'entreprise.
Montant de la CFE
Le montant de la CFE dépend de votre commune d'établissement et de votre chiffre d'affaires. Pour les très petits chiffres d'affaires, une cotisation minimale s'appliqué, comprise en général entre 200 et 600 euros par an selon les communes. Les grandes villes ont tendance à fixer des cotisations minimales plus élevées.
Exonérations
Vous êtes exonéré de CFE dans les cas suivants :
- Première année d'activité : exonération totale.
- Chiffre d'affaires inférieur à 5 000 euros : exonération totale et permanente.
- Zones franches urbaines (ZFU) : exonération possible pendant 5 ans sous conditions.
Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu
Les auto-entrepreneurs peuvent opter pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu, qui permet de payer l'impôt en même temps que les cotisations sociales, sous forme d'un pourcentage supplémentaire appliqué au chiffre d'affaires.
Taux du versement libératoire
| Activité | Taux cotisations | Taux IR libératoire | Total |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises | 12,3 % | 1,0 % | 13,3 % |
| Prestation BIC | 21,2 % | 1,7 % | 22,9 % |
| Prestation BNC | 23,1 % | 2,2 % | 25,3 % |
| Libérale CIPAV | 23,2 % | 2,2 % | 25,4 % |
Conditions pour bénéficier du versement libératoire
Cette option est réservée aux foyers fiscaux dont le revenu fiscal de référence de l'année N-2 ne dépasse pas un certain seuil (environ 27 478 euros par part de quotient familial en 2026). Si votre revenu dépasse ce seuil, vous êtes imposé au barème progressif classique de l'impôt sur le revenu, avec application de l'abattement forfaitaire pour frais professionnels (71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC).
Comparaison auto-entrepreneur, SASU et EURL
Le choix du statut juridique impacte fortement le montant des cotisations sociales. Voici une comparaison pour un même chiffre d'affaires de 50 000 euros annuels en prestation de services.
| Critère | Auto-entrepreneur | EURL (IS) | SASU (IS) |
|---|---|---|---|
| Base de calcul des cotisations | Chiffre d'affaires | Rémunération nette | Salaire brut |
| Taux effectif moyen | 23,1 % | ~45 % | ~80 % |
| Cotisations sur 50 000 euros | 11 550 euros | ~13 500 euros | ~20 000 euros |
| Protection sociale | Basique | Complète TNS | Régime général |
| Comptabilité | Simplifiée | Complète | Complète |
| Déduction des charges | Non (forfait) | Oui (réel) | Oui (réel) |
L'auto-entrepreneur est le statut le plus avantageux en termes de cotisations pour les faibles chiffres d'affaires. En revanche, lorsque les charges réelles sont élevées (achats de matières, sous-traitance, local commercial), le régime réel en EURL ou SASU peut devenir plus intéressant car il permet de déduire ces charges du bénéfice imposable.
La SASU est plus coûteuse en cotisations car le dirigeant est assimilé salarié (régime général), mais elle offre une meilleure couverture sociale, notamment en matière d'assurance chômage si le dirigeant cumule un contrat de travail.
Tableau complet des cotisations selon le chiffre d'affaires
| CA mensuel | Vente (12,3 %) | Services BIC (21,2 %) | Services BNC (23,1 %) | CIPAV (23,2 %) |
|---|---|---|---|---|
| 1 000 euros | 123 euros | 212 euros | 231 euros | 232 euros |
| 2 000 euros | 246 euros | 424 euros | 462 euros | 464 euros |
| 3 000 euros | 369 euros | 636 euros | 693 euros | 696 euros |
| 4 000 euros | 492 euros | 848 euros | 924 euros | 928 euros |
| 5 000 euros | 615 euros | 1 060 euros | 1 155 euros | 1 160 euros |
| 6 000 euros | 738 euros | 1 272 euros | 1 386 euros | 1 392 euros |
Questions fréquentes sur les cotisations URSSAF auto-entrepreneur
Les cotisations URSSAF sont déclarées et payées mensuellement ou trimestriellement, au choix de l'auto-entrepreneur. L'option est prise lors de la création de l'entreprise et peut être modifiée une fois par an, avant le 31 octobre pour l'année suivante.
En déclaration mensuelle, la déclaration doit être faite avant le dernier jour du mois suivant la période concernée. En déclaration trimestrielle, les dates limites sont les 30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier.
Les déclarations se font obligatoirement en ligne sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr ou via l'application mobile URSSAF.
En cas de retard ou d'absence de déclaration, une pénalité de 55 euros par déclaration manquante s'applique. Si vous ne régularisez pas la situation, l'URSSAF procède à une taxation d'office, basée sur un chiffre d'affaires forfaitaire calculé à partir des seuils du régime micro.
De plus, si vous ne déclarez aucun chiffre d'affaires pendant 8 trimestrès consécutifs (soit 2 ans), votre micro-entreprise est automatiquement radiée. Même si votre chiffre d'affaires est nul, vous devez effectuér la déclaration en indiquant 0 euro.
Oui, les cotisations URSSAF des auto-entrepreneurs incluent les cotisations de retraite de base et complémentaire. Cependant, les droits à la retraite acquis sont proportionnels au chiffre d'affaires déclaré.
Pour valider un trimestre de retraite en 2026, il faut réaliser un chiffre d'affaires minimum d'environ 2 572 euros en vente de marchandises ou 1 495 euros en prestations de services par trimestre. En dessous de ces seuils, vous ne validez aucun trimestre.
Pour valider les 4 trimestrès annuels, il faut atteindre environ 10 288 euros en vente ou 5 980 euros en services sur l'année. C'est un point souvent sous-estimé par les auto-entrepreneurs à temps partiel.
Oui, il est tout à fait possible de cumuler une activité salariée et une micro-entreprise. Vous payez vos cotisations URSSAF sur votre chiffre d'affaires en tant qu'auto-entrepreneur, indépendamment des cotisations prélevées sur votre salaire. Il n'y a pas de double cotisation à proprement parler : chaque régime génère ses propres droits sociaux.
Vérifiez cependant votre contrat de travail : certains contrats contiennent une clause d'exclusivité ou une clause de non-concurrence qui pourrait restreindre votre activité complémentaire. Votre obligation de loyauté envers votre employeur interdit également d'exercer une activité concurrente.
L'ACRE doit être demandée dans les 45 jours suivant la création de votre micro-entreprise. La demande se fait via le formulaire dédié (Cerfa ou formulaire en ligne) auprès de l'URSSAF.
Vous devez fournir un justificatif de votre éligibilité : attestation France Travail, notification RSA, pièce d'identité prouvant votre âge, etc. L'URSSAF à un mois pour répondre. Sans réponse dans ce délai, l'ACRE est considérée comme acquise.
L'exonération de 50 % s'applique pendant les 4 premiers trimestrès civils d'activité. Elle cesse automatiquement à l'issue de cette période.
Les cotisations URSSAF et l'impôt sur le revenu sont deux prélèvements distincts. Les cotisations URSSAF financént votre protection sociale (maladie, retraite, allocations familiales) et sont obligatoires, proportionnelles à votre chiffre d'affaires.
L'impôt sur le revenu est calculé sur votre bénéfice forfaitaire (chiffre d'affaires après abattement) et dépend de votre situation familiale et de l'ensemble des revenus de votre foyer fiscal. Vous pouvez opter pour le versement libératoire (un pourcentage supplémentaire prélevé avec les cotisations) ou être imposé au barème progressif classique lors de votre déclaration de revenus annuelle.
Les charges totales d'un auto-entrepreneur comprennent : les cotisations URSSAF (12,3 % à 23,2 % selon l'activité), la contribution à la formation professionnelle (0,1 % à 0,3 % du CA), la CFE (200 à 600 euros/an selon la commune), et l'impôt sur le revenu (variable selon la situation).
Au total, pour un prestataire de services en BNC, le taux de charges effectif se situe entre 25 % et 35 % du chiffre d'affaires (cotisations + IR), en fonction du taux marginal d'imposition du foyer fiscal. Il faut aussi prévoir les éventuelles assurances professionnelles (responsabilité civile, décennale pour le bâtiment).
Non, le régime de la micro-entreprise ne permet pas de déduire les charges réelles (achats, loyer, matériel, déplacéments). Un abattement forfaitaire est appliqué automatiquement par l'administration fiscale pour le calcul de l'impôt sur le revenu : 71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC.
Si vos charges réelles dépassent ces abattements forfaitaires, le régime micro n'est pas le plus avantageux. Vous devriez envisager de passer au régime réel en créant une EURL ou une SASU, ce qui vous permettra de déduire l'ensemble de vos charges professionnelles de votre bénéfice imposable.
Toute modification de votre activité (changement de nature d'activité, d'adresse, de nom commercial) doit être déclarée sur le guichet unique des formalités (formalites.entreprises.gouv.fr) dans le mois suivant le changement. Les modifications sont ensuite transmises automatiquement à l'URSSAF, aux impôts et à l'INSEE.
Si vous souhaitez ajouter une activité secondaire à votre micro-entreprise existante, la déclaration se fait également via le guichet unique. Chaque activité sera soumise au taux de cotisations correspondant à sa catégorie (vente, services BIC, services BNC).
La cessation d'activité se déclare sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr). La déclaration est gratuite. Vous devez ensuite effectuér votre dernière déclaration de chiffre d'affaires dans les 30 jours suivant la cessation et payer les cotisations correspondantes.
La CFE reste due pour l'année en cours, mais vous pouvez demander un dégrèvement au prorata du nombre de mois d'activité. Si vous avez un stock de marchandises, sa vente après cessation reste soumise aux cotisations sociales.
Les taux de cotisations des auto-entrepreneurs sont fixés par décret et peuvent évoluer chaque année. En 2026, les taux sont stables par rapport à 2025 pour la plupart des catégories. Cependant, des réformes sont régulièrement envisagées pour rapprocher les cotisations des auto-entrepreneurs de celles des travailleurs indépendants classiques.
Il est recommandé de consulter le site de l'URSSAF ou le portail autoentrepreneur.urssaf.fr en début d'année pour vérifier les taux en vigueur. Les changements sont généralement annoncés en décembre pour une application au 1er janvier.
Les auto-entrepreneurs affiliés à la Sécurité sociale des indépendants peuvent percevoir des indemnités journalières en cas d'arrêt maladie, à condition d'être affilié depuis au moins un an et d'avoir un revenu annuel minimum (environ 4 208 euros en 2026).
Le montant de l'indemnité journalière est calculé sur la base du revenu moyen des 3 dernières années, avec un maximum d'environ 63 euros par jour. Le délai de carence est de 3 jours. Ces indemnités sont nettement inférieures à celles des salariés, ce qui explique que beaucoup d'auto-entrepreneurs souscrivent une complémentaire prévoyance.