Combien allez-vous toucher avec une rupture conventionnelle ?

La rupture conventionnelle est le mode de séparation préféré des salariés en CDI. Mais combien allez-vous vraiment toucher ? Ce simulateur calcule votre indemnité légale, estime votre indemnité conventionnelle si elle est plus favorable, et vous indique si vous aurez droit au chômage.

Calculer mon indemnité de rupture conventionnelle

Moyenne des 12 derniers mois ou des 3 derniers mois si plus favorable

Ce qui change en 2026. Depuis le 1er janvier 2026, la contribution patronale prélevée sur la part de l'indemnité exonérée de cotisations sociales passe de 30 % à 40 % (loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026). Cette hausse pèse sur l'employeur, pas sur le salarié : votre indemnité nette reste identique, mais une rupture conventionnelle coûte désormais plus cher à l'entreprise, ce qui peut peser dans la négociation. Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), qui sert de base aux plafonds d'exonération, s'établit à 48 060 euros en 2026. Lire notre article complet sur les nouveautés 2026.

Comment est calculée l'indemnité de rupture conventionnelle en 2026 ?

L'indemnité de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. C'est le Code du travail (article L1237-13) qui fixe ce plancher. Voici comment le calcul fonctionne, étape par étape.

Le salaire de référence

Le salaire de référence correspond au montant le plus avantageux entre deux méthodes de calcul :

  • Méthode 1 : la moyenne des 12 derniers mois de salaire brut précédant la notification de la rupture.
  • Méthode 2 : la moyenne des 3 derniers mois de salaire brut. Dans ce cas, les primes et gratifications annuelles ou exceptionnelles sont prises en compte au prorata temporis.

Le salarié conserve automatiquement le calcul qui lui est le plus favorable. En pratique, la méthode des 3 derniers mois est souvent meilleure lorsque le salarié a perçu des primes récentes ou une augmentation.

La formule légale

Une fois le salaire de référence déterminé, l'indemnité légale se calcule ainsi :

  • 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années.
  • 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté au-delà de 10 ans.

Les années incomplètes sont prises en compte au prorata du nombre de mois travaillés. Par exemple, 7 ans et 6 mois d'ancienneté comptent pour 7,5 années dans le calcul.

Exemples concrets de calcul

Prenons un salaire de référence de 2 500 euros bruts mensuels pour illustrer la formule :

Exemple 1 : 5 ans d'ancienneté

Indemnité = (2 500 x 1/4) x 5 = 625 x 5 = 3 125 euros

Exemple 2 : 10 ans d'ancienneté

Indemnité = (2 500 x 1/4) x 10 = 625 x 10 = 6 250 euros

Exemple 3 : 15 ans d'ancienneté

Indemnité = (2 500 x 1/4) x 10 + (2 500 x 1/3) x 5 = 6 250 + 4 166,67 = 10 416,67 euros

Plus l'ancienneté est élevée, plus le montant par année supplémentaire augmenté grâce au passage au tiers au-delà de 10 ans.

Tableau des indemnités selon le salaire et l'ancienneté

Ancienneté Salaire 2 000 euros Salaire 2 500 euros Salaire 3 000 euros
1 an500 euros625 euros750 euros
3 ans1 500 euros1 875 euros2 250 euros
5 ans2 500 euros3 125 euros3 750 euros
10 ans5 000 euros6 250 euros7 500 euros
15 ans8 333 euros10 417 euros12 500 euros
20 ans11 667 euros14 583 euros17 500 euros

Indemnité légale ou conventionnelle, laquelle s'applique ?

Le principe est simple : l'employeur doit verser au salarié le montant le plus élevé entre l'indemnité légale et l'indemnité prévue par la convention collective applicable à l'entreprise. Il ne peut jamais verser moins que le minimum légal.

Comment trouver votre convention collective ?

Votre convention collective est mentionnée sur votre bulletin de paie (généralement en haut du document) et dans votre contrat de travail. Vous pouvez aussi la retrouver en recherchant le numéro IDCC (identifiant de la convention collective) sur le site officiel Légifrance.

Si vous ne trouvez pas cette information, demandez-la à votre service des ressources humaines ou consultez la fiche de votre entreprise sur société.com, qui mentionne le code NAF permettant d'identifier la convention applicable.

Conventions collectives avec des indemnités plus favorables

Certaines conventions collectives prévoient des indemnités nettement supérieures au minimum légal. Voici les plus courantes :

  • Convention Syntec (bureaux d'études, conseil, numérique) : 1/3 de mois par année d'ancienneté dès la première année pour les cadres, ce qui représente un tiers de plus que le minimum légal sur les 10 premières années.
  • Convention de la métallurgie : un barème progressif qui devient très avantageux au-delà de 15 ans d'ancienneté, pouvant atteindre jusqu'à 1 mois de salaire par année dans certains cas.
  • Convention de la banque : des indemnités majorées selon l'age et l'ancienneté du salarié, avec des plafonds plus généreux.
  • Convention du commerce de detail : prévoit des taux légèrement supérieurs au légal pour les salariés de plus de 10 ans d'ancienneté.

Dans tous les cas, vérifiez le texte exact de votre convention collective, car les barèmes évoluent régulièrement lors des avenants négociés entre partenaires sociaux.

La rupture conventionnelle est-elle imposable ?

La fiscalité de l'indemnité de rupture conventionnelle est un sujet qui préoccupe beaucoup de salariés. Voici les règles applicables en 2026.

Exonération d'impôt sur le revenu

L'indemnité de rupture conventionnelle est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du montant le plus élevé entre :

  • Le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement.
  • Deux fois le montant de la rémunération annuelle brute perçue l'année civile précédente.
  • 50 % du montant total de l'indemnité versée.

Lorsque l'exonération repose sur le double de la rémunération annuelle ou sur la moitié de l'indemnité, elle est plafonnée à 6 PASS (plafond annuel de la Sécurité sociale), soit 288 360 euros en 2026. La fraction qui dépasse ce plafond est soumise à l'impôt sur le revenu. À noter : si vous êtes en droit de liquider votre pension de retraite, l'indemnité devient imposable en totalité.

Exonération de cotisations sociales et CSG/CRDS

L'indemnité de rupture conventionnelle est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 2 PASS, soit 96 120 euros en 2026. La fraction comprise entre 2 et 10 PASS est soumise à cotisations, et au-delà de 10 PASS l'indemnité est assujettie dès le premier euro. Concernant la CSG et la CRDS :

  • La fraction de l'indemnité qui ne dépasse pas le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle est totalement exonérée de CSG et CRDS.
  • Au-delà, la CSG (9,2 %) et la CRDS (0,5 %) s'appliquent sur la fraction excédentaire.

En pratique, pour la grande majorité des salariés, l'indemnité de rupture conventionnelle au minimum légal est perçue nette, sans aucune retenue fiscale ni sociale. C'est uniquement lorsque l'indemnité négociée dépasse significativement le minimum légal que des prélèvements peuvent s'appliquer sur la part excédentaire.

Cas particulier : indemnité supérieure à 10 PASS

Si l'indemnité totale versée dépasse 10 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (480 600 euros en 2026), elle est intégralement soumise à cotisations sociales dès le premier euro. Ce cas reste rare et concerne principalement les cadres dirigeants de grandes entreprises.

Rupture conventionnelle et chômage, quels sont vos droits ?

Contrairement à la démission, la rupture conventionnelle ouvre droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE, anciennement "allocations chômage"). C'est l'un des principaux avantages de ce mode de rupture pour le salarié.

Attention toutefois : à compter du 1er septembre 2026, la durée maximale d'indemnisation après une rupture conventionnelle est réduite (15 mois au lieu de 18 pour les moins de 55 ans). Les détails dans notre article chômage après une rupture conventionnelle en 2026.

Conditions pour bénéficier de l'ARE

Pour percevoir l'ARE après une rupture conventionnelle, vous devez remplir les conditions habituelles :

  • Avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois (36 mois si vous avez plus de 53 ans).
  • Être inscrit comme demandeur d'emploi auprès de France Travail (anciennement Pôle Emploi) dans les 12 mois suivant la fin du contrat.
  • Être en recherche active d'emploi et résider en France.

Le délai de carence : combien de temps avant le premier versement ?

Après votre inscription à France Travail, un délai de carence s'applique avant le premier versement de l'ARE. Ce délai se compose de trois éléments :

  1. Délai d'attente incompressible : 7 jours calendaires. Il s'applique systématiquement à toute ouverture de droits.
  2. Délai congés payés : il correspond à l'indemnité compensatrice de congés payés versée dans le solde de tout compte, divisée par le salaire journalier de référence. Ce délai reporte le début d'indemnisation du nombre de jours de congés non pris.
  3. Délai spécifique (carence supra-légale) : si votre indemnité de rupture conventionnelle dépasse le minimum légal, la différence (part supra-légale) est divisée par 111,8 euros (valeur au 1er janvier 2026). Le résultat, en jours, constitue un délai supplémentaire, plafonné à 150 jours (environ 5 mois).

En pratique, si vous percevez uniquement l'indemnité légale minimum (sans négociation à la hausse), le délai spécifique est nul. Vous serez indemnisé après seulement 7 jours + le délai congés payés.

Montant de l'ARE

Le montant journalier de l'ARE est égal au plus avantageux entre 40,4 % du salaire journalier de référence + 12,95 euros par jour, ou 57 % du salaire journalier de référence. Un plancher minimum s'applique (environ 31,97 euros par jour en 2026).

Négocier son indemnité de rupture conventionnelle

Le minimum légal est un plancher, pas un plafond. Dans la majorité des cas, il est possible de négocier un montant supérieur. Voici comment aborder cette négociation.

Les leviers de négociation

Plusieurs facteurs jouent en votre faveur lors de la négociation :

  • L'initiative de la rupture : si c'est l'employeur qui souhaite votre départ, votre position est forte. Il à tout intérêt à vous proposer un montant attractif pour éviter un licenciement plus coûteux et risqué.
  • Votre ancienneté et votre poste : plus votre remplacement est difficile et votre ancienneté élevée, plus vous avez de marge de négociation.
  • Le contexte : une réorganisation, un plan social en cours ou un conflit latent renforcent votre pouvoir de négociation.
  • Les risques juridiques pour l'employeur : si vous pouvez démontrer des manquements (harcèlement, heures supplémentaires non payées, modification unilatérale du contrat), l'employeur a intérêt à conclure un accord amiable généreux.

Combien négocier en pratique ?

Les montants négociés varient considérablement selon les situations. Voici les ordres de grandeur constatés :

  • 1 à 1,5 fois l'indemnité légale : négociation "standard" lorsque le salarié est à l'initiative de la demande et que les relations sont bonnes.
  • 1,5 à 3 fois l'indemnité légale : négociation typique lorsque l'employeur est à l'initiative ou que le salarié dispose de leviers (problèmes dans l'entreprise, poste en tension).
  • 3 à 6 fois l'indemnité légale : situations conflictuelles, risque prud'homal élevé, harcèlement avéré ou cadres supérieurs avec forte ancienneté.

Gardez à l'esprit qu'au-delà du montant de l'indemnité supra-légale, vous pouvez aussi négocier d'autres avantages : maintien de la mutuelle, outplacément, clause de non-concurrence avec contrepartie financière, dates de départ favorables, etc.

Conseils pratiqués pour la négociation

  1. Préparez un dossier solide : rassemblez vos bulletins de paie, votre contrat, vos évaluations positives, et tout élément prouvant votre valeur ajoutée dans l'entreprise.
  2. Ne montrez pas d'empressement : même si vous souhaitez partir rapidement, gardez une posture calme. Un salarié qui semble pressé perd du pouvoir de négociation.
  3. Formulez une demande supérieure à votre objectif : demandez 20 à 30 % de plus que ce que vous esperez obtenir, pour laisser une marge de négociation.
  4. Faites-vous accompagner : lors de l'entretien, vous pouvez vous faire assister par un représentant du personnel ou, à défaut, par un conseiller du salarié.
  5. Mettez tout par écrit : les accords verbaux n'ont aucune valeur. Assurez-vous que le montant négocié figure dans la convention de rupture signée.

Les étapes de la procédure de rupture conventionnelle

La rupture conventionnelle suit une procédure strictement encadrée par le Code du travail. Le non-respect de ces étapes peut entraîner la nullité de la convention. Voici le déroulement complet.

Étape 1 : la demande et les entretiens préalables

La rupture conventionnelle peut être initiée par le salarié ou par l'employeur. Aucune forme particulière n'est imposée pour la demande initiale (orale, courrier, email). En revanche, au moins un entretien préalable est obligatoire.

Dans la pratique, deux à trois entretiens sont courants pour discuter des conditions (date de départ, montant de l'indemnité, sort de la clause de non-concurrence, etc.).

Le salarié peut se faire assister lors de ces entretiens par un représentant du personnel de l'entreprise ou, en l'absence de représentants, par un conseiller du salarié inscrit sur la liste de la DREETS.

Étape 2 : la signature de la convention

Une fois l'accord trouvé, les deux parties signent le formulaire Cerfa n. 14598*01 (ou la version en ligne sur le téléservice TéléRC). Ce document mentionne obligatoirement :

  • La date de fin du contrat (au plus tot le lendemain de l'homologation).
  • Le montant de l'indemnité de rupture conventionnelle.
  • La date de signature de la convention.

Étape 3 : le délai de rétractation (15 jours calendaires)

A compter du lendemain de la signature, chaque partie dispose d'un délai de 15 jours calendaires pour se rétracter. La rétractation se fait par lettre recommandée avec accusé de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. Aucune justification n'est nécessaire.

Si le dernier jour du délai tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, il est prolongé jusqu'au premier jour ouvrable suivant.

Étape 4 : la demande d'homologation

A l'expiration du délai de rétractation (et seulement après), l'employeur ou le salarié adresse la demande d'homologation à la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités, anciennement DIRECCTE). Cette demande se fait de préférence via le téléservice TéléRC (telerc.travail.gouv.fr).

Étape 5 : la décision de la DREETS (15 jours ouvrables)

L'administration dispose de 15 jours ouvrables à compter de la réception de la demande pour vérifier la validité de la convention (respect du délai de rétractation, montant minimum de l'indemnité, libre consentement des parties). En l'absence de réponse dans ce délai, l'homologation est réputée acquise (accord tacite).

Calendrier type de la procédure

Étape Durée Délai cumulé
Entretiens préalables1 à 3 semainesSemaine 1 à 3
Signature de la convention1 jourSemaine 3
Délai de rétractation15 jours calendairesSemaine 5
Envoi à la DREETS1 à 2 joursSemaine 5
Instruction DREETS15 jours ouvrablesSemaine 8
Fin du contrat (au plus tot)Lendemain homologationSemaine 8

Au total, la procédure dure en moyenne 6 à 8 semaines entre le premier entretien et la fin effective du contrat. Ce délai peut s'allonger si les négociations sont complexes ou si l'administration demande des pièces complémentaires.

Tableau récapitulatif des indemnités selon l'ancienneté

Ce tableau présente le montant de l'indemnité légale minimum de rupture conventionnelle en fonction de l'ancienneté du salarié et de son salaire de référence mensuel brut. Les montants sont arrondis à l'euro près.

Ancienneté 2 000 euros 2 500 euros 3 000 euros 3 500 euros 4 000 euros
1 an500 euros625 euros750 euros875 euros1 000 euros
2 ans1 000 euros1 250 euros1 500 euros1 750 euros2 000 euros
3 ans1 500 euros1 875 euros2 250 euros2 625 euros3 000 euros
5 ans2 500 euros3 125 euros3 750 euros4 375 euros5 000 euros
7 ans3 500 euros4 375 euros5 250 euros6 125 euros7 000 euros
10 ans5 000 euros6 250 euros7 500 euros8 750 euros10 000 euros
12 ans6 333 euros7 917 euros9 500 euros11 083 euros12 667 euros
15 ans8 333 euros10 417 euros12 500 euros14 583 euros16 667 euros
20 ans11 667 euros14 583 euros17 500 euros20 417 euros23 333 euros
25 ans15 000 euros18 750 euros22 500 euros26 250 euros30 000 euros
30 ans18 333 euros22 917 euros27 500 euros32 083 euros36 667 euros

Ces montants correspondent au strict minimum légal. En pratique, l'indemnité conventionnelle peut être supérieure, et le montant final est souvent négocié entre les parties.

Questions fréquentes sur la rupture conventionnelle

Combien de temps dure une procédure de rupture conventionnelle ?

La procédure de rupture conventionnelle dure en moyenne 6 à 8 semaines du premier entretien à la fin effective du contrat.

Ce délai se décompose en plusieurs phases incompressibles : les entretiens préalables (1 à 3 semaines), le délai de rétractation de 15 jours calendaires après la signature, puis l'instruction par la DREETS qui dispose de 15 jours ouvrables pour homologuer la convention.

Le contrat prend fin au plus tot le lendemain de l'homologation. Si les négociations sont complexes ou si l'administration demande des documents complémentaires, la procédure peut s'étendre sur 10 à 12 semaines.

Peut-on refuser une rupture conventionnelle ?

Oui, absolument. La rupture conventionnelle repose sur le libre consentement des deux parties. L'employeur comme le salarié peuvent refuser d'entrer dans le processus de négociation, ou refuser de signer la convention même après plusieurs entretiens. Aucune justification n'est nécessaire pour ce refus.

L'employeur ne peut pas imposer une rupture conventionnelle à un salarié, et inversement, le salarié ne peut pas contraindre l'employeur à accepter. Si l'une des parties exerce des pressions pour obtenir la signature, la convention peut être annulée par le conseil de prud'hommes pour vice du consentement.

La rupture conventionnelle donne-t-elle droit au chômage ?

Oui, la rupture conventionnelle ouvre droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), au même titre qu'un licenciement. C'est l'un des avantages majeurs de ce dispositif par rapport à la démission, qui ne permet généralement pas de percevoir le chômage (sauf démission pour motif légitime).

Pour en bénéficier, vous devez avoir travaillé au moins 6 mois au cours des 24 derniers mois (ou 36 mois si vous avez plus de 53 ans), être inscrit à France Travail et être en recherche active d'emploi. Un délai de carence s'applique avant le premier versement (7 jours minimum + délai congés payés + éventuel délai spécifique lié à l'indemnité supra-légale).

Comment calculer l'ancienneté pour la rupture conventionnelle ?

L'ancienneté se calcule de la date d'embauche à la date de fin de contrat prévue dans la convention de rupture (et non la date de signature).

Les périodes de suspension du contrat qui comptent pour l'ancienneté incluent les congés maternité, les congés paternité, les arrêts de travail pour accident du travail ou maladie professionnelle, et les congés payés.

En revanche, les périodes d'arrêt maladie ordinaire ou de congé parental à temps plein ne sont généralement comptées qu'à moitié ou pas du tout, selon les conventions collectives. Si vous avez eu plusieurs contrats successifs chez le même employeur (par exemple un CDD suivi d'un CDI), l'ancienneté se calcule à partir du premier contrat sans interruption.

L'indemnité de rupture conventionnelle est-elle imposable ?

Dans la majorité des cas, non. L'indemnité de rupture conventionnelle est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du montant le plus élevé entre l'indemnité légale ou conventionnelle, deux fois la rémunération annuelle brute de l'année précédente, ou 50 % du montant total de l'indemnité.

L'exonération de cotisations sociales est plafonnée à 2 PASS (96 120 euros en 2026) et celle d'impôt sur le revenu à 6 PASS (288 360 euros) pour les options calculées sur la rémunération ou sur 50 % de l'indemnité. Pour la CSG et la CRDS, la fraction correspondant à l'indemnité légale ou conventionnelle est totalement exonérée, la part excédentaire étant soumise à la CSG (9,2 %) et à la CRDS (0,5 %).

En pratique, si vous percevez uniquement le minimum légal, votre indemnité est intégralement nette.

Peut-on négocier le montant de l'indemnité ?

Oui, et c'est même recommandé. L'indemnité légale est un minimum, pas un plafond. Votre capacité de négociation dépend de plusieurs facteurs : qui est à l'initiative de la rupture (si c'est l'employeur, vous êtes en position de force), votre ancienneté et votre poste, le contexte de l'entreprise (restructuration, conflit, etc.), et l'existence de manquements de l'employeur.

En moyenne, les salariés obtiennent entre 1,5 et 3 fois l'indemnité légale. Les cadres et les salariés disposant de leviers forts (risque prud'homal, harcèlement documenté) peuvent obtenir jusqu'à 6 fois le minimum légal.

Pensez aussi à négocier des avantages complémentaires comme le maintien de la mutuelle, un accompagnement à la reconversion ou le paiement de la clause de non-concurrence.

Quel est le délai de carence France Travail après une rupture conventionnelle ?

Le délai de carence se compose de trois éléments cumulés. Le délai d'attente incompressible de 7 jours calendaires s'applique systématiquement. Le délai congés payés correspond à l'indemnité compensatrice de congés payés divisée par votre salaire journalier de référence.

Enfin, si vous avez perçu une indemnité supérieure au minimum légal, un délai spécifique s'ajoute : la part supra-légale est divisée par 102,4 euros, le résultat en jours étant plafonné à 150 jours (environ 5 mois).

Par exemple, si vous percevez l'indemnité légale stricte et avez 10 jours de congés payés non pris, votre délai total sera de 7 + 10 = 17 jours. En revanche, si vous avez négocié 5 000 euros au-dessus du minimum légal, le délai spécifique sera de 5 000 / 111,8 = 45 jours supplémentaires.

La rupture conventionnelle est-elle possible pendant un arrêt maladie ?

Oui, il est légalement possible de conclure une rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie ordinaire. La Cour de cassation l'a confirmé à plusieurs reprises. En revanche, une vigilance particulière s'impose sur le libre consentement du salarié : si l'employeur profite de l'état de fragilité du salarié pour lui faire signer une convention désavantageuse, celle-ci peut être annulée.

Pour les arrêts liés à un accident du travail ou une maladie professionnelle, la rupture conventionnelle est également possible, mais le salarié bénéficie dans ce cas d'une indemnité au moins égale au double de l'indemnité légale de licenciement.

Enfin, pendant un arrêt pour burn-out ou harcèlement, la rupture conventionnelle peut être contestée si le salarié prouve qu'il a signé sous la pression de l'employeur responsable de ses conditions de travail dégradées.

Peut-on faire une rupture conventionnelle en CDD ?

Non, la rupture conventionnelle est réservée aux salariés en CDI. Le Code du travail (articles L1237-11 à L1237-16) est explicite sur ce point. Pour un CDD, les modes de rupture anticipés sont limités : accord mutuel entre les parties, faute grave, force majeure, ou embauche en CDI chez un autre employeur.

Si vous êtes en CDD et souhaitez partir d'un commun accord avec votre employeur, vous pouvez néanmoins signer une "rupture anticipée d'un commun accord", qui n'est pas techniquement une rupture conventionnelle mais qui permet de mettre fin au contrat.

Attention, cette rupture amiable de CDD ne donne pas automatiquement droit au chômage dans les mêmes conditions qu'une rupture conventionnelle de CDI.

Comment calculer le solde de tout compte avec une rupture conventionnelle ?

Le solde de tout compte en cas de rupture conventionnelle comprend plusieurs éléments en plus de l'indemnité de rupture. Vous devez percevoir :

  • Le salaire du mois en cours jusqu'à la date de fin du contrat.
  • L'indemnité compensatrice de congés payés pour les jours de congés acquis et non pris.
  • Les éventuelles primes au prorata (13e mois, prime de vacances, participation, intéressement).
  • Les heures supplémentaires non compensées.
  • Les droits acquis sur le compte épargne-temps.

L'employeur vous remet un reçu pour solde de tout compte que vous pouvez signer (vous disposez alors de 6 mois pour le contester) ou refuser de signer (le délai de contestation passe alors à 3 ans). Vérifiez chaque ligne du solde avant de signer.

Quelle est la différence entre rupture conventionnelle et licenciement ?

La rupture conventionnelle et le licenciement sont deux modes de rupture du CDI, mais avec des différences majeures.

La rupture conventionnelle est un accord amiable entre les deux parties, le licenciement est une décision unilatérale de l'employeur. En termes d'indemnité, le minimum légal est identique, mais la rupture conventionnelle permet une négociation plus libre.

Le licenciement nécessite un motif (personnel ou économique), la rupture conventionnelle n'en requiert aucun. Les deux ouvrent droit au chômage. En revanche, le licenciement permet au salarié de contester le motif aux prud'hommes et d'obtenir des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif, tandis que la rupture conventionnelle est plus difficile à contester (il faut prouver un vice du consentement).

Enfin, le licenciement impose un préavis (sauf faute grave), la rupture conventionnelle n'en prévoit pas, la date de fin étant fixée librement dans la convention.

L'employeur peut-il revenir sur une rupture conventionnelle signée ?

Oui, mais uniquement pendant le délai de rétractation de 15 jours calendaires suivant la signature. Pendant ce délai, l'employeur comme le salarié peuvent se rétracter sans justification, par lettre recommandée avec accusé de réception ou lettre remise en main propre.

Passé ce délai, si la demande d'homologation a été envoyée à la DREETS, il n'est plus possible de revenir en arrière unilatéralement. La convention ne peut alors être contestée que devant le conseil de prud'hommes, dans un délai de 12 mois à compter de l'homologation, et uniquement pour des motifs précis : vice du consentement (pression, dol, erreur), non-respect de la procédure légale, ou fraude.

Les cas d'annulation restent rares, la jurisprudence étant assez stricte sur les conditions de contestation.