Combien allez-vous toucher au chômage et pendant combien de temps ?

Vous venez de perdre votre emploi ou vous envisagez une rupture de contrat ? Ce simulateur calculé le montant de votre allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), estimé la durée de vos droits et vous indique si la dégressivité s'applique à votre situation. Résultat immédiat, sans inscription.

Calculer mon allocation chômage ARE

Moyenne des 12 derniers mois de salaire brut

Conditions d'éligibilité à l'allocation chômage ARE en 2026

L'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) est versée par France Travail (anciennement Pôle Emploi) aux salariés privés involontairement de leur emploi. Pour en bénéficier en 2026, vous devez remplir plusieurs conditions cumulatives.

Avoir suffisamment travaillé

Vous devez justifier d'au moins 6 mois de travail (soit 130 jours ou 910 heures) au cours de la période de référence :

  • Moins de 53 ans : 24 mois précédant la fin du contrat.
  • 53 ans et plus : 36 mois précédant la fin du contrat.

Cette condition constitue la durée minimale d'affiliation. En dessous de ce seuil, aucun droit à l'ARE ne peut être ouvert, quelle que soit la raison de la perte d'emploi.

Avoir perdu son emploi involontairement

Les motifs de fin de contrat ouvrant droit à l'ARE sont les suivants :

  • Licenciement (pour motif personnel ou économique, y compris faute simple).
  • Rupture conventionnelle homologuée par la DREETS.
  • Fin de contrat à durée déterminée (CDD, intérim, contrat saisonnier).
  • Démission légitime : déménagement pour suivre le conjoint, non-paiement des salaires, violences au travail, création d'entreprise (sous conditions), entre autrès motifs reconnus.

La démission classique ne donne pas droit à l'ARE. Cependant, depuis 2019, les salariés ayant au moins 5 ans d'ancienneté et portant un projet de reconversion professionnelle ou de création d'entreprise peuvent demander l'ARE après validation de leur projet par une commission paritaire.

Autrès conditions

  • Être inscrit comme demandeur d'emploi auprès de France Travail dans les 12 mois suivant la fin du contrat.
  • Être en recherche active d'emploi et accomplir des actes positifs de recherche.
  • Résider en France métropolitaine ou dans les départements d'outre-mer.
  • Ne pas avoir atteint l'âge légal de départ à la retraite avec le nombre de trimestrès requis pour une pension à taux plein.
  • Être physiquement apte à exercer un emploi.

Comment est calculé le salaire journalier de référence (SJR) ?

Le SJR est la base de calcul de votre allocation chômage. Sa détermination suit une méthode précise définie par la convention d'assurance chômage.

La formule du SJR

Le salaire journalier de référence se calculé en divisant la totalité des rémunérations brutes perçues pendant la période de référence par le nombre de jours calendaires de cette même période. La formule est la suivante :

SJR = salaires bruts des 12 derniers mois / 365 jours

Sont inclus dans les salaires bruts : le salaire de base, les primes (13e mois, primes d'objectifs, primes d'ancienneté), les heures supplémentaires, les commissions et les avantages en nature. En revanche, les indemnités de licenciement, les indemnités compensatrices de congés payés et les indemnités de rupture ne sont pas prises en compte.

Exemple de calcul du SJR

Un salarié qui percevait 2 500 euros bruts mensuels sur les 12 derniers mois :

SJR = (2 500 x 12) / 365 = 30 000 / 365 = 82,19 euros par jour

Ce SJR sert ensuite de base pour le calcul de l'ARE journalière.

Calcul détaillé de l'ARE journalière

Le montant de l'ARE journalière est déterminé selon deux méthodes de calcul. France Travail retient automatiquement la plus avantageuse pour le demandeur d'emploi.

Les deux formules de calcul

  • Formule 1 : 40,4 % du SJR + 12,95 euros (part fixe journalière).
  • Formule 2 : 57 % du SJR.

Le montant retenu est le plus élevé des deux résultats. En pratique, la formule 1 est plus avantageuse pour les salaires modestes, tandis que la formule 2 l'est pour les salaires plus élevés. Le point de bascule se situe aux alentours de 78 euros de SJR (soit environ 2 370 euros bruts mensuels).

Plancher et plafond

L'ARE journalière est encadrée par un minimum et un maximum :

  • Plancher : 31,97 euros par jour, soit environ 959 euros par mois. Ce minimum garanti s'applique pour l'allocation d'aide au retour à l'emploi à taux plein.
  • Plafond : 75 % du SJR. L'ARE ne peut jamais dépasser ce seuil, quel que soit le résultat des formules de calcul.

Exemple complet

Pour un SJR de 82,19 euros (salaire de 2 500 euros bruts mensuels) :

  • Formule 1 : (82,19 x 40,4 %) + 12,95 = 33,20 + 12,95 = 46,15 euros
  • Formule 2 : 82,19 x 57 % = 46,85 euros
  • Plafond (75 % du SJR) : 82,19 x 75 % = 61,64 euros

Résultat : l'ARE journalière brute retenue est de 46,85 euros (formule 2, la plus avantageuse), bien en dessous du plafond. Après déduction de la CSG/CRDS (environ 3 %), l'ARE journalière nette est d'environ 45,44 euros, soit une ARE mensuelle nette d'environ 1 363 euros.

Durée des droits à l'ARE

La durée d'indemnisation dépend de votre durée de travail pendant la période de référence et de votre âge à la fin du contrat. Le principe général est simple : 1 jour travaillé = 1 jour indemnisé, dans la limite d'un plafond.

Plafonds de durée selon l'âge

Âge à la fin du contrat Durée maximale des droits En jours
Moins de 53 ans 24 mois 730 jours
53-54 ans 30 mois 913 jours
55 ans et plus 36 mois 1 095 jours

Le minimum de durée d'indemnisation est de 6 mois (182 jours), correspondant à la durée minimale d'affiliation requise. Si vous avez travaillé 14 mois au cours des 24 derniers mois, vous aurez droit à 14 mois d'indemnisation (si vous avez moins de 53 ans).

La dégressivité de l'ARE

Depuis 2021, un mécanisme de dégressivité s'applique aux allocataires dont l'ARE journalière brute dépasse un certain seuil. Cette mesure vise à inciter les demandeurs d'emploi à reprendre rapidement une activité.

Conditions d'application

La dégressivité concerné les allocataires qui remplissent les deux conditions suivantes :

  • L'ARE journalière brute est supérieure à 92,12 euros par jour (soit un ancien salaire brut mensuel d'environ 4 800 euros).
  • Le bénéficiaire a moins de 57 ans à la date de fin de contrat.

Mécanisme de la réduction

Après 6 mois d'indemnisation (182 jours), l'ARE journalière est réduite de 30 %. Toutefois, cette réduction ne peut pas faire descendre l'ARE en dessous du plancher de 92,12 euros par jour.

Par exemple, un allocataire dont l'ARE journalière est de 120 euros verra son allocation réduite à 84 euros après calcul. Mais comme ce montant est inférieur au plancher, il percevra 92,12 euros par jour à compter du 7e mois.

Les demandeurs d'emploi de 57 ans et plus sont totalement exemptés de la dégressivité, quel que soit le montant de leur ARE.

Cumul ARE et activité réduite

Si vous reprenez une activité professionnelle tout en percevant l'ARE, vous pouvez sous certaines conditions cumuler vos revenus d'activité avec une partie de votre allocation. Ce dispositif est connu sous le nom de cumul ARE-salaire ou activité réduite.

Comment fonctionne le cumul ?

France Travail calculé le nombre de jours non indemnisables dans le mois en divisant 70 % de votre revenu brut d'activité par votre SJR. Les jours restants du mois sont indemnisés normalement. Le cumul du salaire brut et de l'ARE ne peut pas dépasser votre ancien salaire brut mensuel.

Ce mécanisme à un avantage important : les jours non indemnisés ne sont pas perdus. Ils décalent la fin de vos droits, ce qui allonge votre période d'indemnisation totale. Vous conservez donc l'intégralité de vos droits, ils sont simplement étalés dans le temps.

Exemple de cumul

Un allocataire avec un SJR de 80 euros reprend un emploi à mi-temps rémunéré 900 euros bruts mensuels :

  • Jours non indemnisables : (900 x 70 %) / 80 = 7,9 jours (arrondi à 8 jours)
  • Jours indemnisés dans le mois : 30 - 8 = 22 jours
  • ARE versée : 22 x ARE journalière

Le cumul permet ainsi de maintenir un revenu global supérieur à l'ARE seule, tout en préservant ses droits.

Rechargement des droits

Si vous reprenez un emploi puis le perdez à nouveau avant la fin de vos droits, vous pouvez bénéficier du rechargement des droits. Ce mécanisme vous permet de prolonger votre indemnisation grâce aux nouvelles périodes de travail effectuées.

Pour que le rechargement s'appliqué, vous devez avoir travaillé au moins 6 mois (910 heures) depuis votre dernière ouverture de droits. Si là condition est remplié, un nouveau calcul de droits est effectué à l'issue de vos droits initiaux. Le montant de l'allocation et la durée des nouveaux droits sont recalculés sur la base des salaires perçus pendant la nouvelle période de travail.

Depuis la réforme de 2023, le rechargement n'intervient qu'à l'épuisement total des droits initiaux. Vous ne pouvez plus choisir entre l'ancien et le nouveau droit comme c'était le cas auparavant.

ARE et création d'entreprise : l'ARCE

Si vous souhaitez créer ou reprendre une entreprise après une perte d'emploi, deux options s'offrent à vous pour mobiliser vos droits au chômage.

Le maintien de l'ARE

Vous pouvez continuer à percevoir l'ARE tout en développant votre activité, sous réserve de rester inscrit à France Travail et de déclarer vos revenus d'activité chaque mois. L'ARE est alors ajustée selon les revenus générés par votre entreprise, avec le même mécanisme de cumul que pour l'activité salariée réduite.

L'aide à la reprise ou création d'entreprise (ARCE)

L'ARCE permet de percevoir 60 % du reliquat de vos droits ARE sous forme de capital, versé en deux fois :

  • Premier versement : 50 % du montant de l'ARCE au moment de la création de l'entreprise.
  • Second versement : les 50 % restants, 6 mois après la date de création, sous réserve que l'activité soit toujours en cours.

L'ARCE est soumise à la CSG et à la CRDS. Elle n'est pas cumulable avec le maintien de l'ARE : vous devez choisir l'une ou l'autre option. En cas d'échec de l'entreprise dans les 3 ans, vous pouvez demander la réouverture de vos droits ARE restants (les 40 % non versés via l'ARCE).

Le délai de carence avant le premier versement

Après votre inscription à France Travail, un délai de carence s'applique avant le premier paiement de l'ARE. Ce délai se compose de plusieurs éléments cumulatifs.

Les trois composantés du délai de carence

  1. Délai d'attente incompressible : 7 jours calendaires. Il s'applique systématiquement à toute ouverture de droits, sans exception.
  2. Différé congés payés : il correspond à l'indemnité compensatrice de congés payés (versée dans le solde de tout compte) divisée par le SJR. Ce différé reporte le début d'indemnisation du nombre de jours de congés non pris.
  3. Différé spécifique : si vous avez perçu une indemnité de rupture supérieure au minimum légal (part supra-légale), cette part est divisée par 102,4 euros. Le résultat, en jours, constitue un délai supplémentaire plafonné à 150 jours (environ 5 mois).

En pratique, pour un licenciement avec indemnité au minimum légal et peu de congés non pris, le délai total est souvent de 10 à 15 jours. Pour une rupture conventionnelle avec une indemnité fortement négociée, il peut atteindre plusieurs mois.

Cas de la démission : quand peut-on toucher le chômage ?

En principe, la démission ne donne pas droit à l'ARE puisqu'il s'agit d'une rupture volontaire du contrat de travail. Il existe cependant des exceptions importantes.

Les démissions légitimes

Certaines démissions sont qualifiées de "légitimes" par la réglementation et ouvrent droit à l'ARE dans les mêmes conditions qu'un licenciement. Les cas les plus fréquents sont :

  • Démission pour suivre son conjoint (mutation, nouvel emploi dans une autre région).
  • Démission pour non-paiement des salaires (constaté par le conseil de prud'hommes).
  • Démission suite à des actes délictueux subis dans le cadre du travail (harcèlement, violences).
  • Démission d'un contrat aidé (CUI-CAE, emploi d'avenir) pour reprendre un CDI ou un CDD de plus de 6 mois.
  • Démission après un mariage ou un PACS entraînant un changement de liéu de résidence.

La démission pour projet professionnel

Depuis le 1er novembre 2019, les salariés ayant au moins 5 ans d'ancienneté dans leur entreprise peuvent démissionner pour réaliser un projet de reconversion professionnelle ou de création d'entreprise, tout en bénéficiant de l'ARE. Le projet doit être validé par une commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR) et le salarié doit avoir bénéficié d'un conseil en évolution professionnelle (CEP) au préalable.

Le réexamen après 121 jours

Si votre démission ne correspond à aucun motif légitime, vous pouvez demander un réexamen de votre situation 121 jours (environ 4 mois) après votre inscription à France Travail. Si vous prouvez que vous êtes en recherche active d'emploi depuis cette date sans avoir retrouvé de poste, l'instance paritaire régionale peut vous accorder le bénéfice de l'ARE.

Différence entre l'ARE et l'ASS

L'ARE et l'allocation de solidarité spécifique (ASS) sont deux allocations distinctes qui ne s'appliquent pas au même moment de votre parcours de demandeur d'emploi.

Critère ARE ASS
Versée par France Travail (assurance chômage) État (solidarité nationale)
Condition d'accès Avoir cotisé 6 mois minimum Droits ARE épuisés + 5 ans d'activité dans les 10 dernières années
Montant Proportionnel au salaire (57 % du SJR en moyenne) Forfaitaire : 19,44 euros/jour (583 euros/mois)
Durée 6 à 36 mois selon l'âge Renouvelable tous les 6 mois (sous conditions de ressources)
Condition de ressources Non Oui (plafond mensuel)

L'ASS prend donc le relais lorsque vos droits à l'ARE sont épuisés, à condition de remplir les conditions d'activité antérieure et de ressources. Son montant est nettement inférieur à l'ARE puisqu'il est forfaitaire et non proportionnel au salaire.

Tableau des montants d'ARE selon le salaire brut mensuel

Ce tableau présente les montants estimés de l'ARE journalière et mensuelle en fonction du salaire brut mensuel de référence, avant application éventuelle de la dégressivité.

Salaire brut mensuel SJR ARE journalière brute ARE mensuelle nette estimée
1 500 euros 49,32 euros 31,97 euros 930 euros
2 000 euros 65,75 euros 39,52 euros 1 150 euros
2 500 euros 82,19 euros 46,85 euros 1 363 euros
3 000 euros 98,63 euros 56,22 euros 1 636 euros
3 500 euros 115,07 euros 65,59 euros 1 909 euros
4 000 euros 131,51 euros 74,96 euros 2 182 euros
4 500 euros 147,95 euros 84,33 euros 2 454 euros
5 000 euros 164,38 euros 93,70 euros 2 727 euros
6 000 euros 197,26 euros 112,44 euros 3 272 euros
7 000 euros 230,14 euros 131,18 euros 3 817 euros

Les montants nets sont estimés après déduction de la CSG (6,2 %) et de la CRDS (0,5 %), soit environ 3 % de prélèvements sur l'ARE brute. Les montants réels peuvent varier légèrement selon votre situation fiscale.

Questions fréquentes sur l'allocation chômage ARE

Quel est le montant minimum de l'ARE en 2026 ?

Le montant minimum de l'ARE journalière est de 31,97 euros par jour en 2026, soit environ 959 euros par mois (31,97 x 30 jours). Ce plancher s'applique lorsque le résultat des formules de calcul (40,4 % du SJR + 12,95 euros ou 57 % du SJR) aboutit à un montant inférieur.

Ce minimum garanti concerné principalement les salariés qui percevaient des rémunérations faibles, proches du SMIC. Pour un salarié au SMIC (1 766,92 euros bruts mensuels en 2026), l'ARE calculée est d'environ 34 euros par jour, soit au-dessus du plancher.

Combien de temps faut-il avoir travaillé pour toucher le chômage ?

Il faut avoir travaillé au minimum 6 mois (soit 130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois pour les personnes de moins de 53 ans, ou au cours des 36 derniers mois pour les personnes de 53 ans et plus.

Tous les types de contrats sont pris en compte : CDI, CDD, intérim, contrat saisonnier. Les périodes de travail effectuées chez différents employeurs sont cumulables. En revanche, seules les périodes pour lesquelles des cotisations chômage ont été versées sont comptabilisées.

L'ARE est-elle imposable ?

Oui, l'ARE est soumise à l'impôt sur le revenu. Elle doit être déclarée dans la catégorie des traitements et salaires de votre déclaration de revenus annuelle. France Travail appliqué le prélèvement à la source sur vos allocations, au taux transmis par l'administration fiscale.

L'ARE est également soumise à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %), soit 6,7 % de prélèvements sociaux. Toutefois, si le prélèvement de la CSG/CRDS fait descendre votre allocation nette en dessous du montant minimum (31,97 euros/jour), le taux est réduit ou annulé pour maintenir ce plancher.

Peut-on cumuler l'ARE avec un emploi à temps partiel ?

Oui, le cumul ARE et revenus d'activité est possible. France Travail calculé un nombre de jours non indemnisables dans le mois en divisant 70 % de votre revenu brut d'activité par votre SJR. Les jours restants sont indemnisés normalement.

Le cumul du salaire et de l'ARE ne peut pas dépasser votre ancien salaire brut mensuel. Les jours non indemnisés ne sont pas perdus : ils prolongent la durée totale de vos droits. Ce mécanisme est particulièrement intéressant pour les reprises d'activité progressives ou les emplois à temps partiel en attendant un poste à temps plein.

Qu'est-ce que la dégressivité de l'ARE ?

La dégressivité est une réduction de 30 % de l'ARE journalière qui s'applique après 6 mois d'indemnisation pour les allocataires dont l'ARE brute dépasse 92,12 euros par jour (soit un ancien salaire brut d'environ 4 800 euros/mois).

Cette mesure concerné uniquement les demandeurs d'emploi de moins de 57 ans. L'ARE ne peut pas descendre en dessous du plancher de 92,12 euros par jour après application de la dégressivité. Les seniors de 57 ans et plus sont totalement exemptés de ce mécanisme, quelle que soit le montant de leur allocation.

Comment fonctionne le rechargement des droits ?

Le rechargement des droits permet de prolonger votre indemnisation si vous avez retravaillé au moins 6 mois (910 heures) depuis votre dernière ouverture de droits. Lorsque vos droits initiaux sont épuisés, France Travail procède automatiquement à un nouveau calcul basé sur les salaires perçus pendant la nouvelle période de travail.

Le rechargement n'intervient qu'à l'épuisement complet des droits initiaux. Si les nouveaux droits calculés sont inférieurs aux anciens, c'est le nouveau montant qui s'applique. Ce mécanisme encourage la reprise d'activité, même temporaire, puisque chaque période de travail génère de nouveaux droits.

Quel est le délai de carence avant le premier versement ?

Le délai de carence se compose de trois éléments cumulatifs. Le délai d'attente de 7 jours est incompressible et s'applique systématiquement. Le différé congés payés correspond à l'indemnité compensatrice de congés payés divisée par le SJR. Le différé spécifique s'ajoute si vous avez perçu une indemnité de rupture supérieure au minimum légal (part supra-légale divisée par 102,4 euros, plafonnée à 150 jours).

En pratique, pour un licenciement avec indemnité au minimum légal et 2 semaines de congés non pris, le délai total est d'environ 3 semaines. Pour une rupture conventionnelle avec une indemnité fortement négociée, il peut atteindre plusieurs mois.

Peut-on toucher le chômage après une démission ?

En principe, non. La démission est une rupture volontaire qui ne donne pas droit à l'ARE. Cependant, trois exceptions existent. Les démissions légitimes (suivi de conjoint, non-paiement des salaires, harcèlement) ouvrent droit à l'ARE dans les mêmes conditions qu'un licenciement.

La démission pour projet professionnel (reconversion ou création d'entreprise) est possible si vous avez au moins 5 ans d'ancienneté et que votre projet est validé par la CPIR. Enfin, le réexamen après 121 jours permet de demander l'ARE si vous prouvez une recherche active d'emploi sans résultat pendant 4 mois.

Qu'est-ce que l'ARCE et comment en bénéficier ?

L'ARCE (aide à la reprise ou création d'entreprise) permet de percevoir 60 % du reliquat de vos droits ARE sous forme de capital, versé en deux fois : 50 % à la création de l'entreprise, et 50 % six mois plus tard si l'activité est toujours en cours.

Pour bénéficier de l'ARCE, vous devez être éligible à l'ARE et avoir obtenu l'ACRE (aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise). L'ARCE n'est pas cumulable avec le maintien de l'ARE : vous devez choisir entre percevoir un capital ou conserver le versement mensuel de l'allocation. Si votre entreprise cesse dans les 3 ans, vous pouvez demander la réouverture des 40 % de droits non consommés.

L'ARE est-elle versée pendant une formation ?

Oui, si vous suivez une formation prescrite ou validée par France Travail, vous continuez à percevoir votre allocation sous le nom d'AREF (ARE formation). Le montant de l'AREF est identique à l'ARE, avec un plancher de 22,61 euros par jour.

Les jours de formation sont décomptés de votre durée de droits ARE. Si vos droits ARE sont épuisés avant la fin de la formation, vous pouvez bénéficier de la RFPE (rémunération de fin de formation) versée par France Travail, ou de la RSP (rémunération des stagiaires de la formation professionnelle) versée par la région.

Que se passe-t-il si je refuse une offre d'emploi raisonnable ?

Depuis la réforme de l'assurance chômage, France Travail peut suspendre le versement de l'ARE en cas de refus d'une offre raisonnable d'emploi (ORE). L'offre est considérée comme raisonnable si elle correspond à vos compétences, si la rémunération proposée est au moins égale à l'ARE perçue, et si le temps de trajet est inférieur à une heure ou 30 kilomètrès aller.

Le premier refus entraîne une suspension d'un mois. Le deuxième refus entraîne une suspension de deux mois. À partir du troisième refus, les droits peuvent être supprimés définitivement. Vous pouvez contester la décision devant le médiateur de France Travail ou devant le tribunal administratif.

Comment sont calculés les droits en cas de contrats multiples ?

Si vous avez eu plusieurs employeurs successifs pendant la période de référence (24 ou 36 mois), toutes les périodes de travail sont cumulées pour déterminer votre durée d'affiliation. Les salaires bruts de tous les contrats sont additionnés pour le calcul du SJR.

Ce cumul est particulièrement avantageux pour les travailleurs en CDD ou en intérim qui enchaînent plusieurs missions. Par exemple, trois CDD de 3 mois chacun sur les 24 derniers mois totalisent 9 mois d'affiliation, soit plus que le minimum de 6 mois requis. Le SJR est alors calculé sur l'ensemble des salaires perçus pendant ces 9 mois, divisés par le nombre total de jours calendaires de ces périodes.