L'essentiel. Le TJM se calcule en remontant depuis votre revenu net souhaité : on ajoute l'impôt, les charges sociales et les frais professionnels, puis on divise par le nombre de jours réellement facturables dans l'année. Notre calculateur de TJM déroule ce raisonnement.
L'erreur de départ : croire que l'année compte 220 jours facturables
Une année compte environ 250 jours ouvrés. Un freelance n'en facture presque jamais autant, et c'est la première source de mauvaise surprise.
- Les congés que vous vous accordez, personne ne les paiera à votre place.
- Les jours fériés, non facturés eux non plus.
- La prospection, les propositions commerciales, les rendez-vous non aboutis.
- L'administratif, la comptabilité, la facturation, les relances.
- La formation, indispensable pour rester à niveau.
- Les périodes creuses entre deux missions.
Un indépendant bien installé facture souvent entre 180 et 200 jours par an. En première année, la fourchette réaliste descend fréquemment plus bas. C'est ce nombre-là, et non 250, qui doit servir de diviseur.
Le calcul, en remontant depuis votre besoin
La méthode est simple à condition de la dérouler dans l'ordre, sans sauter d'étape.
- Partez de votre revenu net mensuel cible, celui qui doit arriver sur votre compte personnel, et multipliez-le par douze.
- Ajoutez l'impôt sur le revenu que vous devrez acquitter sur ce revenu.
- Ajoutez les cotisations sociales, dont le niveau dépend entièrement de votre statut juridique.
- Ajoutez vos frais professionnels annuels : logiciels, matériel, assurance, comptable, déplacements, formation, éventuel local.
- Divisez le total par votre nombre de jours facturables.
Le résultat est votre TJM plancher, celui en dessous duquel vous travaillez à perte par rapport à votre objectif. Ce n'est pas votre tarif de vente, c'est votre seuil.
Calculez votre TJM minimumRevenu net cible, jours facturables, statut et frais : le calculateur remonte au tarif journalier nécessaire.Le statut change tout
À revenu net identique, le TJM nécessaire varie sensiblement selon la forme juridique choisie, parce que le niveau et l'assiette des cotisations diffèrent.
- La micro-entreprise applique un pourcentage de cotisations sur le chiffre d'affaires, sans déduction des frais réels. Simple, mais pénalisante si vos charges sont élevées. Notre simulateur de micro-entreprise chiffre le net restant.
- La société, avec ou sans assimilation au régime général, permet de déduire les frais réels et d'arbitrer entre rémunération et dividendes.
- Le portage salarial transforme votre chiffre d'affaires en salaire, avec des frais de gestion mais la protection du statut de salarié, chômage compris.
Le portage a un intérêt souvent négligé : il ouvre des droits à l'assurance chômage, ce qui change complètement le profil de risque d'une activité indépendante démarrée seul.
Ce qu'il faut provisionner
Un TJM correctement calculé ne suffit pas si la trésorerie n'est pas pilotée. Trois provisions sont à constituer dès les premières factures.
- Les cotisations sociales, souvent appelées avec un décalage qui donne une fausse impression d'aisance la première année.
- L'impôt sur le revenu, prélevé par acomptes que vous devez anticiper.
- Un matelas de trésorerie couvrant plusieurs mois de charges, pour absorber un retard de paiement ou une période creuse.
La règle pratique la plus utile consiste à virer une part fixe de chaque encaissement sur un compte dédié, et à ne considérer comme disponible que ce qui reste. Cela évite le scénario classique de la deuxième année, où les cotisations régularisées tombent sur une trésorerie déjà consommée.
Positionner son tarif face au marché
Votre TJM plancher est un point de départ, pas un argument commercial. Le tarif que vous affichez doit intégrer votre niveau d'expertise, la rareté de votre compétence, le secteur du client et la valeur produite par votre intervention.
Un tarif trop bas produit d'ailleurs souvent l'effet inverse de celui recherché : il signale un manque d'expérience, attire des clients peu solides et rend toute revalorisation ultérieure difficile. Il est plus simple de démarrer au bon niveau que de remonter ses tarifs auprès de clients installés.
Enfin, comparez honnêtement avec le salariat. Un TJM apparemment confortable peut représenter un revenu net inférieur à un poste salarié une fois retirés congés, protection sociale et jours non facturés. Notre calculateur de taux horaire permet de mettre les deux sur la même échelle.
Questions fréquentes
Combien de jours facturables retenir dans le calcul ?
Entre 180 et 200 par an pour une activité installée, souvent moins la première année. Retenir 220 ou plus conduit presque systématiquement à un TJM sous-évalué.
Faut-il facturer les temps de trajet et de réunion ?
Tout temps consacré à une mission a un coût. Soit vous le facturez explicitement, soit vous l'intégrez à votre TJM. L'oublier revient à travailler gratuitement.
Le portage salarial coûte-t-il vraiment plus cher ?
Les frais de gestion et les cotisations réduisent le net par rapport à une micro-entreprise à chiffre d'affaires égal. En contrepartie, vous obtenez des droits au chômage, à la retraite et une couverture sociale de salarié.
Comment augmenter son TJM en cours de mission ?
Une revalorisation se négocie au renouvellement, pas en cours de contrat. Appuyez-vous sur les résultats obtenus, l'élargissement du périmètre et l'évolution du marché.