L'essentiel. Tout part du salaire journalier de référence, calculé sur vos rémunérations des 24 derniers mois. Deux formules sont ensuite comparées et la plus favorable est retenue, dans la limite d'un plafond exprimé en pourcentage de ce salaire de référence. Notre simulateur d'allocation chômage déroule les trois étapes.
Étape 1 : le salaire journalier de référence
Le salaire journalier de référence, ou SJR, est la pierre angulaire du calcul. Il correspond à la moyenne quotidienne de vos rémunérations brutes sur la période de référence, soit les 24 derniers mois précédant la fin de votre contrat, portés à 36 mois à partir de 53 ans.
Ce qui compte, c'est le total des salaires bruts perçus, divisé par le nombre de jours de la période, avec un traitement particulier des périodes non travaillées. Une carrière hachée, alternant contrats courts et périodes creuses, produit donc un SJR plus faible qu'un emploi continu au même salaire.
Quelques éléments n'entrent pas dans l'assiette, notamment les indemnités de rupture et les indemnités de congés payés. Ce sont des sommes liées à la fin du contrat, pas à du travail effectué.
Étape 2 : la formule des deux calculs
France Travail applique ensuite deux calculs et retient le plus avantageux pour vous.
- Un pourcentage de votre SJR augmenté d'une partie fixe quotidienne.
- Ou un pourcentage plus élevé du seul SJR, sans partie fixe.
La première formule avantage les petits salaires, grâce à la partie fixe qui pèse proportionnellement plus lourd. La seconde avantage les salaires plus élevés. Cette double formule est précisément conçue pour lisser le taux de remplacement selon les niveaux de revenus.
Le résultat obtenu est ensuite encadré par un montant minimal journalier, et il ne peut pas dépasser un pourcentage maximal de votre salaire journalier de référence. Un plafond absolu s'applique également aux très hauts revenus.
Estimez votre allocation en une minuteLe simulateur reconstitue votre salaire journalier de référence, applique les deux formules et retient la plus favorable.Étape 3 : les prélèvements sur l'allocation
Le montant obtenu est un brut. Deux prélèvements viennent le réduire avant versement.
- Une retenue au titre de la retraite complémentaire, prélevée sur votre allocation.
- La CSG et la CRDS, avec des exonérations ou des taux réduits pour les allocations les plus modestes.
L'allocation est par ailleurs imposable au titre de l'impôt sur le revenu. Elle est soumise au prélèvement à la source, avec un taux généralement recalculé à la baisse compte tenu de la chute de vos revenus. Notre article sur le chômage imposable détaille ce point.
Le délai avant le premier versement
Toucher son allocation prend du temps, et ce décalage surprend beaucoup de nouveaux inscrits. Trois différés peuvent s'additionner.
- Un différé congés payés, correspondant à l'indemnité compensatrice de congés que vous avez perçue.
- Un différé spécifique, lié aux indemnités de rupture versées au-delà du minimum légal. Plus votre indemnité supra-légale est élevée, plus il s'allonge.
- Un délai d'attente de sept jours, appliqué systématiquement.
Ces différés décalent le début de l'indemnisation sans réduire la durée totale de vos droits. Ils imposent en revanche de prévoir une trésorerie pour tenir plusieurs semaines, voire plusieurs mois après une rupture bien indemnisée.
La dégressivité, et qui est concerné
Au-delà d'un certain niveau de salaire antérieur, l'allocation subit une réduction après plusieurs mois d'indemnisation. Le dispositif ne touche que les revenus élevés, et un plancher garantit que la baisse ne descend pas en dessous d'un certain seuil.
Les allocataires proches de la retraite en sont exclus. Si vous êtes concerné, cette baisse programmée est un paramètre important de votre plan de recherche d'emploi : mieux vaut viser un retour à l'activité avant l'échéance.
Enfin, sachez que reprendre une activité réduite ne vous fait pas perdre vos droits. Le cumul entre allocation et salaire est possible selon une règle de calcul dédiée, et les jours non indemnisés repoussent d'autant la fin de vos droits.
Questions fréquentes
Quelle durée de travail faut-il pour ouvrir des droits ?
Il faut justifier d'une durée minimale d'affiliation sur la période de référence, exprimée en jours travaillés ou en heures. Cette condition évolue au fil des réformes : le simulateur applique les règles en vigueur.
L'indemnité de licenciement réduit-elle mon allocation ?
Non, elle n'entre pas dans le calcul du montant. En revanche, sa part supra-légale allonge le différé spécifique, donc le délai avant votre premier versement.
Puis-je travailler tout en percevant l'ARE ?
Oui. Le cumul entre allocation et revenus d'une activité réduite est prévu. Une partie du salaire est déduite de l'allocation mensuelle, et les jours non indemnisés sont reportés à la fin de vos droits.
Que se passe-t-il si je retrouve puis reperds un emploi ?
Le mécanisme de rechargement des droits permet de recalculer une nouvelle période d'indemnisation à partir des périodes travaillées depuis la précédente ouverture de droits.