Comment déduire ses trajets avec le barème kilométrique ?

Si vous faites de la route pour aller travailler, le barème kilométrique est probablement la déduction fiscale la plus rentable à votre portée. Encore faut-il savoir ce qu'il couvre, quelle distance l'administration accepte, et où se situe la limite à ne pas franchir sans justification.

Publié le 4 septembre 2026 par la rédaction 1 Clic 1 Emploi

L'essentiel. Le barème kilométrique permet de déduire vos trajets domicile-travail au titre des frais réels. Il dépend de la puissance fiscale du véhicule et du nombre de kilomètres parcourus, avec une majoration pour les véhicules électriques. Notre calculateur de frais kilométriques chiffre votre déduction.

Ce que le barème couvre réellement

Première idée reçue à écarter : le barème ne rembourse pas le carburant. Il représente le coût complet d'usage du véhicule, ce qui explique qu'il dépasse largement le prix du plein.

  • La dépréciation du véhicule, qui est le poste le plus lourd.
  • Les frais d'entretien et de réparation.
  • Les pneumatiques.
  • Le carburant ou l'électricité consommée.
  • Les primes d'assurance.

En revanche, il ne couvre pas les frais de péage, de stationnement ni les intérêts d'un crédit auto, qui peuvent s'ajouter séparément à condition d'être justifiés et proportionnés à l'usage professionnel.

Les deux paramètres du calcul

La puissance fiscale de votre véhicule. Elle figure sur la carte grise, au repère P.6. Le barème progresse avec la puissance, mais il est plafonné : au-delà de sept chevaux fiscaux, le tarif n'augmente plus. Un gros véhicule ne donne donc pas droit à une déduction proportionnellement supérieure.

Le nombre de kilomètres parcourus dans l'année. Le barème est dégressif par tranches : le tarif au kilomètre est le plus élevé sur les premiers milliers de kilomètres, puis diminue. La logique est que les coûts fixes se répartissent sur davantage de kilomètres.

Pour calculer votre kilométrage annuel professionnel, la formule est simple : distance domicile-travail aller × 2 × nombre de jours travaillés dans l'année. Un trajet de 25 kilomètres sur 220 jours représente 11 000 kilomètres par an.

Calculez votre déduction kilométriquePuissance fiscale, distance et jours travaillés : le calculateur applique le barème et la majoration électrique.

La limite des 40 kilomètres, souvent mal comprise

L'administration admet sans justification particulière une distance domicile-travail allant jusqu'à quarante kilomètres aller, soit quatre-vingts kilomètres par jour.

Au-delà, la déduction reste possible, mais vous devez justifier que cet éloignement résulte de circonstances particulières et non d'un choix personnel de confort. Sont généralement admis : la mutation professionnelle, l'emploi du conjoint dans une autre ville, l'état de santé, la scolarité des enfants, ou l'impossibilité de se loger à proximité.

Si vous ne pouvez pas justifier, la déduction est limitée aux quarante premiers kilomètres. Ce n'est pas une interdiction, c'est un plafonnement.

Le bonus des véhicules électriques

Les véhicules électriques bénéficient d'une majoration de 20 % du montant issu du barème. Cette majoration s'applique automatiquement, sans démarche particulière, dès lors que le véhicule est électrique.

C'est un avantage significatif, qui s'ajoute au coût d'usage déjà inférieur d'un véhicule électrique. Sur un long trajet quotidien, l'écart avec un véhicule thermique équivalent devient substantiel.

Un barème spécifique existe par ailleurs pour les deux-roues motorisés, motos et scooters, avec ses propres tranches de puissance et de distance.

Ce qu'il faut conserver, et l'erreur à ne pas commettre

Vous n'avez rien à joindre à la déclaration, mais tout doit pouvoir être produit en cas de contrôle : carte grise à votre nom, justificatif de votre lieu de travail, et un relevé cohérent de vos trajets.

L'erreur la plus fréquente consiste à oublier de réintégrer les sommes versées par l'employeur. Si vous percevez une indemnité kilométrique, une prime de transport ou un remboursement d'abonnement, ces montants doivent être ajoutés à vos revenus imposables dès lors que vous optez pour les frais réels.

Le calcul pertinent est donc toujours un solde : déduction obtenue moins réintégration des remboursements, comparé à l'abattement de 10 %. Notre simulateur de frais réels raisonne sur cette base.

Questions fréquentes

Puis-je déduire mes trajets si je fais du covoiturage ?

Seul le propriétaire du véhicule qui supporte les frais peut appliquer le barème. Les participations reçues des passagers viennent en diminution des frais déductibles.

Le barème s'applique-t-il à un véhicule qui ne m'appartient pas ?

Il s'applique au véhicule dont vous supportez les charges, y compris s'il appartient à votre conjoint dans le cadre d'un foyer fiscal commun. Un véhicule de fonction ne permet évidemment pas de déduire des frais que vous ne supportez pas.

Puis-je ajouter les péages au barème ?

Oui, les frais de péage et de stationnement s'ajoutent au barème, à condition d'être justifiés et de correspondre à l'usage professionnel du véhicule.

Faut-il un relevé de kilométrage précis ?

Un décompte cohérent suffit : distance domicile-travail, nombre de jours travaillés, éventuels déplacements professionnels. L'administration vérifie la vraisemblance, pas le compteur au kilomètre près.